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Restitution Djidji Ayôkwè, tête de liste des œuvres ivoiriennes réclamées à la France

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by Sandrine Kouadjo
Djidji Ayôkwè
Djidji Ayôkwè

Tête de liste des objets d'art réclamés par la Côte d'Ivoire à la France, le rejoindra très prochainement la terre “atchan”, à laquelle il avait été arraché durant la colonisation.

Arraché, confisqué, puis emporté en France en 1916, pendant la colonisation, le Djidji Ayôkwè était depuis plus d'un siècle exposé au musée du quai Branly. Ce tam-tam sacré n'est pas le seul objet emporté par les colons. Pourtant, son retour suscite un engouement tant pour le gouvernement ivoirien que pour le peuple atchan. En effet, depuis près de 10 ans, des démarches sont entreprises sous Maurice Bandaman, ministre de la culture à l'époque, pour son retour en terre ivoirienne.
Symbole, rôle, on vous dit tout sur la sacralité du Djidji Ayôkwè.

Djidji Ayôkwè, sentinelle du peuple Akan

Traduit en français par panthère-lion, le Djidji Ayôkwè est avant tout un objet sacré pour les atchans et bidjans, peuples fondateurs de la ville d'Abidjan. Ce tam-tam parleur de 3,5 m de long sur 0,78 de diamètre, est symbolisé par le chiffre 4 et composé de quatre couleurs, le rouge, le noir, le blanc et le bleu.

Ce tambour renferme la civilisation des atchans et des bidjans. En effet, le chiffre 4 fait référence aux quatre villages bidjan, Bidjanté (actuel Attécoubé), Bidjandjèmin (actuel Adjamé), Cocody-village et Bidjan-Santé.
Le chiffre 4 ramène également aux quatre générations, Gnando, Dougbo, Tchagba et Blessoué.

Le Djidji Ayôkwè n'était pas qu'un objet sacré, il a joué un rôle crucial lors de la colonisation. Sa voix servait de sentinelle durant la résistance du peuple Akan face aux troupes coloniales.
En effet, le tambour permettait de mobiliser les atchans et les bidjans. C'est d'ailleurs la raison qui a poussé les colons à la confisquer et à l'emporter en France.

Djidji Ayôkwè, tête de liste des objets réclamés à la France

Le retour de ce tam-tam sacré résulte de la décision du président français Emmanuel Macron de procéder à la restitution des œuvres africaines, sorties illégalement de leurs pays d'origine, lors de son discours tenu pendant sa visite au Burkina Faso en novembre 2017.

Depuis 2018, des sillons ont été tracés pour l'aboutissement de ce projet. Cependant, les choses ont véritablement pris forme en 2022, sous la tutelle de Madame la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck.

Dans le cadre de ce projet de restitution, une liste de près de 150 objets a été dressée et transmise à la France par le Musée des civilisations de Côte d'Ivoire en novembre 2018.

Si le retour du Djidji Ayokwe suscite autant d'engouement, c'est parce qu'il est en tête de liste des œuvres ivoiriennes réclamées à la France. Son retour est donc le préliminaire d'un projet de restitution de près de 150 objets encore confisqués.

Pour rappel, des milliers d'œuvres ivoiriennes sont détenues et exposées dans des musées à l'étranger, notamment en France, aux Etats-Unis et en Suisse.

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