Sécurité alimentaire en Afrique : Quand le Garba devient un cas d’école à Abidjan
Du 1er au 3 juillet 2026, Abidjan accueille l’Africa Food Safety Forum. L’occasion pour les experts de traiter les enjeux sanitaires du continent.
Du 1er au 3 juillet 2026, Abidjan accueille la 7ème édition de l’Africa Food Safety Forum, un rendez-vous désormais incontournable qui s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, célébrée chaque 7 juin. Lancée en 2019, cette initiative continue de rassembler professionnels, autorités publiques et acteurs de la société civile autour d’un enjeu vital : la sécurité de ce que consomment les populations africaines.
Placée sous le thème « Approche intégrée pour une alimentation saine en Afrique : défis et solutions durables », cette édition propose trois journées denses en activités : panels de réflexion, rencontres B to B, expositions, concours de génie en herbe entre établissements scolaires, ateliers de cuisine pour enfants, marché du jour, rencontres professionnelles etc. Un programme conçu pour toucher tous les publics, des Experts du secteur aux plus jeunes générations.
Des voix engagées pour la qualité et la responsabilité partagée
La cérémonie d’ouverture de cet événement a enregistré un parterre d’invités et professionnels du secteur. Ouvrant la série des interventions, la Directrice Générale de l’Ingénierie Conseil Audit et Formation (ICAF) (structure promotrice du Forum), Sanata Berthé a présenté le forum comme « un cadre privilégié de réflexion sur la qualité des produits, destiné à mettre en lumière les bonnes pratiques et à éclairer les politiques publiques du secteur ».
Du côté du secteur privé, Melissa Bamba, Directrice de la communication du groupe OLAM, a rappelé que « la sécurité alimentaire n’est pas une simple option mais une exigence de responsabilité partagée, qui ne saurait être une affaire isolée ». Elle a assuré que son groupe applique ‘’ les normes internationales les plus strictes, des champs jusqu’aux usines’’, garantissant ainsi la qualité des produits mis sur le marché.
Représentant le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques, Mme Fadiga Alaba a livré un message fort aux participants et exposants : « un aliment n’a de valeur que s’il est sûr ». Elle a rappelé l’ampleur du défi sanitaire mondial, avec « 600 millions de personnes touchées chaque année par des maladies d’origine alimentaire, dont près de 420 000 en meurent, parmi lesquelles l’on dénombre de nombreux enfants ». Pour elle « renforcer la sécurité sanitaire alimentaire n’est plus une option mais une nécessité stratégique, et la Côte d’Ivoire s’y engage pleinement », a-t-elle martelée.
C’est d’ailleurs pourquoi, rappelle-t-elle, le Gouvernement ivoirien a fait de cette question une priorité nationale, avec des mesures concrètes : modernisation des unités d’analyses vétérinaires, renforcement des contrôles sanitaires, etc. L’ambition affichée est claire dit-elle : « bâtir un système moderne, conforme aux exigences actuelles ».
Un appel a été lancé à tous les acteurs pour faire de la qualité, de la transparence et de la responsabilité des engagements communs, afin que chaque aliment consommé en Afrique soit sûr.
Le garba, miroir des enjeux sanitaires du quotidien
La conférence inaugurale, animée par M. Dagnogo Komissiri, Conseiller Technique et spécialiste de la sécurité sanitaire des aliments, a choisi un angle résolument populaire pour illustrer le thème de cette édition. En retraçant l’origine du garba et les conditions d’hygiène entourant sa commercialisation, il a passé en revue l’ensemble des risques auxquels sont exposés les consommateurs de ce plat emblématique, très prisé des Ivoiriens.
La cérémonie d’ouverture s’est achevée par la traditionnelle coupure de ruban, suivie de la visite des stands par les officiels et participants, marquant le lancement officiel de trois jours d’échanges autour d’un objectif partagé : une alimentation plus sûre pour tous les Africains.