« Simone, l’épouse officielle de Laurent a, elle, le cœur qui balance… » (Venance Konan)
Venance Konan fait un autour de l'actualité politique en Côte d'Ivoire avec le jeu des alliances Bédié, Gbagbo, Ouattara, Affi et Simone.
Ce qui se passe au pays ? Euh, à vrai dire, rien de bien palpitant par rapport à ce qui se passe dans le reste du monde, mais cela vaut quand même la peine que l'on s'y intéresse.
Au Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la restructuration du parti s'est achevée et, contrairement à ce qui avait été prédit, personne n'a perdu son tabouret. Adama Bictogo est toujours aux commandes, sauf que son poste a juste changé de nom. C'est Gilbert Koné Kafana qui est monté en grade pour remplacer feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.
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Au Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié fume toujours des cigares et continue de nommer des vice-présidents. Pas une seule semaine sans qu'il ne restructure son parti. A quoi cela rime-t-il ? Sans doute à s'assurer qu'il n'aura pas de mauvaise surprise lors du prochain congrès de son parti et surtout lors du choix du candidat de ce parti à la prochaine présidentielle. Qui parie une boîte de cigares avec moi qu'il sera le candidat de son parti à la prochaine élection présidentielle si Dieu lui donne longue vie ?
Et du côté du Parti des peuples africains (succursale et unique boutique pour le moment) -Côte d'Ivoire (PPA-CI) ? Laurent Gbagbo continue l'implantation de son parti, il dit partout qu'il n'est pas d'accord avec Alassane Ouattara (comme si on pouvait s'attendre à autre chose de sa part), et vit tranquillement ses amours adultérines avec sa Nady. Il aimerait bien se marier aussi, politiquement je veux dire, au PDCI, mais il semble que de nombreuses voix dans ce parti verraient d'un très mauvais œil une telle alliance. Pour ces voix, s'il est bien de s'opposer à Ouattara, il y a cependant des limites à ne pas franchir. Le PDCI est tout de même le parti de Félix Houphouët-Boigny. Simone, l'épouse officielle de Laurent a, elle, le cœur qui balance entre créer son propre parti et…créer son parti propre. Cela nous ferait trois Front populaire ivoirien (FPI), ce qui n'est pas mal pour un Laurent Gbagbo qui était censé venir réconcilier les Ivoiriens. Et, ma foi, un FPI cassé en trois, ce ne serait pas pour déplaire ni au RHDP, ni au PDCI.
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Affi N'guessan, qui tient un des morceaux de ce FPI éclaté, pédale dans la semoule comme d'habitude, ne sachant trop à quel bout de bois se raccrocher. Aller au RHDP ou ne pas y aller, telle est la violente question qui l'agite en ce moment.
A part tout cela, le dialogue politique est arrivé à son terme et apparemment tout le monde est content. Selon notre confrère Radio France International, s'il y a un sujet qui a fait l'unanimité au sein des formations politiques, c'est « la nécessité d'un paiement plus régulier des subventions aux partis politiques » et aussi le besoin de réexaminer le mécanisme de financement des candidats et du remboursement des frais de campagne à la présidentielle. Il a été également question de voir comment débloquer les comptes gelés depuis 2011.
S'il y a bien quelque chose qui nous unit en Côte d'Ivoire, c'est l'argent. Pour le reste, les partis se sont entendus pour réaménager la Commission électorale indépendante, réfléchir sur le découpage électoral, indemniser les victimes des violences politiques de 2020 (en attendant peut-être celles des prochaines élections). Tout le monde s'est bien entendu engagé à ce que les prochaines élections se déroulent sans violence, mais cela, on connaît dans ce pays. Les engagements, si je peux me permettre, n'engagent que ceux qui veulent bien y croire.
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Pour ma part je vous écris cette chronique depuis Cotonou où j'ai eu l'occasion de visiter l'extraordinaire exposition des objets culturels volés par la France durant la colonisation et récemment rendus au Bénin. Elle est couplée avec une exposition sur l'art contemporain béninois. Le samedi dernier il y avait foule pour aller visiter cette exposition au palais présidentiel. C'est tout simplement magnifique. Mais le plus émouvant pour moi a été de voir tous ces enfants regardant ces objets avec émerveillement, et de les entendre déclarer à la télévision, dans des mots très simples, leur fierté de découvrir leur culture. C'est peut-être cela, l'essentiel.
Venance Konan