Soutien du groupe paramilitaire russe Wagner au Burkina: Washington met en garde le capitaine Ibrahim Traoré
La mission de la CEDEAO venue évaluer la situation au Burkina est repartie « confiante » le 4 octobre 2022. Washington a mis en garde Ouaga contre Wagner.
La mission de cette délégation de la Communauté des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) s'est achevée en fin d'après-midi.
Elle lui a donné « l'occasion d'avoir deux rencontres importantes: une première avec les chefs traditionnels et religieux et la principale rencontre avec le capitaine Ibrahim Traoré », le nouvel homme fort du pays, a déclaré l'ancien président nigérien Mahamadou Issoufou, membre de la délégation et médiateur de la Cédéao pour le Burkina, qui a jugé que le pays avait été pendant le week-end « au bord du gouffre ».
« Je suis totalement satisfait de l'entretien que j'ai eu avec le capitaine. Nous repartons confiants », a-t-il souligné, en assurant que la Cédéao allait « continuer à accompagner le peuple burkinabè dans cette épreuve très difficile qu'il traverse ».
Les rencontres se sont tenues à l'aéroport de Ouagadougou où plusieurs dizaines de manifestants affichaient leur hostilité, brandissant des drapeaux russes et en scandant des slogans anti-France et anti-CEDEAO.
« La CEDEAO, c'est aujourd'hui une honte », a dit à l'AFP l'enseignant Amadou Sagada, martelant que « le peuple burkinabè est debout et ne veut plus se laisser faire ».
« Non à l'ingérence de la Cédéao », « France dégage » ou encore « Vive la coopération Russie-Burkina », pouvait-on entendre de la part des manifestants.
La délégation était arrivée mardi matin pour rencontrer le capitaine Traoré, qui a renversé vendredi le lieutenant-colonel Damiba, lui-même arrivé au pouvoir lors d'un putsch en janvier.
Dans la soirée, le nouvel homme fort du Burkina Faso s'est félicité dans un communiqué du « dialogue fructueux » avec la délégation ouest-africaine, et assuré que Ouagadougou continuerait à respecter ses engagements pris sous M. Damiba vis-à-vis de la Cédéao.
En fin de semaine dernière, des manifestants qui réclamaient le départ de M. Damiba, accusé d'avoir été protégé par Paris, avaient déjà brandi des drapeaux russes, demandant un renforcement de la coopération militaire avec Moscou.
L'influence russe ne cesse de croître dans plusieurs pays d'Afrique francophone, particulièrement au Mali et en Centrafrique.
Le fondateur du groupe paramilitaire Wagner, l'homme d'affaires russe proche du Kremlin Evguéni Prigojine, a dans une publication sur les réseaux sociaux apporté son « soutien » au nouveau dirigeant burkinabè Traoré. Washington a pour sa part mis en garde Ouagadougou contre les risques d'un appel à ce groupe paramilitaire aux agissements décriés.
La Cédéao est régulièrement accusée par ses opposants de défendre les dirigeants en place sans tenir compte des aspirations populaires, et certains de ses dirigeants d'être inféodés à l'ancienne puissance coloniale française.