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Système éducatif ivoirien: Soro tacle le pouvoir RHDP: « on se pose la question sur la valeur des diplômes »

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by Guillaume Soro
Guillaume Kigbafori Soro Président de Générations et Peuples Solidaires (GPS)
Guillaume Soro, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Bristol, à Paris, le 17 septembre 2020. © Crédit photo Service Presse GPS

Dans son discours le samedi 13 août 2022, Guillaume Soro depuis l'exil donne sa position sur le système éducatif ivoirien.

Mesdames et Messieurs,

On comprend dès lors le tourbillon historique dans lequel se trouve notre pays bien-aimé, la Côte d'Ivoire, dans une Afrique de l'Ouest en ébullition et un continent hautement instable, à l'instar du monde entier lui-même. Et la Côte d'Ivoire dans ce charivari ? Qu'est donc devenu notre pays sous le troisième mandat anticonstitutionnel, à la suite de la sanglante mascarade électorale imposée à notre patrie en 2020 ?

Au plan social la gouvernance actuelle semble renvoyer le capital humain à un rang secondaire.

En effet, les chiffres en milliards de francs CFA annoncés par le gouvernement semblent lointains de la réalité des ivoiriens. A force de les abrutir et leur rabâcher les oreilles avec des milliards, même si un temps l'effet de l'hypnose opérant, le Peuple ivoirien se croit dans un monde paradisiaque, le retour à la réalité n'en est que plus violent quand, assis, la nuit tombée dans sa cour commune d'Abobo, le citoyen lambda ivoirien réalise qu'il n'a pu fournir le seul repas de la journée à sa famille. C'est pourquoi, relativement au discours à la Nation du 6 août dernier, les pompeuses annonces d'augmentation de salaire çà et là ne peuvent plus le tromper. Et en attendant que les économistes de GPS sortent les réalités de l'impact de toutes ces mesures, l'homme politique que je suis ne peut qu'être en alerte. Ne dit-on pas que lorsqu'une hyène vient à offrir généreusement à manger à des moutons n'est-ce pas que dans son arrière-pensée elle ne vise qu'à les dévorer dodus ? Quand un banquier ou un économiste vient à dire à un client qu'il veut l'enrichir au détriment des actionnaires de la banque, il faut bien se poser des questions.

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C'est une évidence, le taux élevé de pauvreté et le chômage demeurent une gangrène pour notre pays.

En effet, l'observation de la pyramide des âges en Côte d'Ivoire fait ressortir une base assez large. Cette situation s'explique par le fait que la population ivoirienne est composée d'une frange importante de jeunes. Selon des statistiques un Ivoirien sur deux a moins de vingt ans (20 ans). D'où l'importance de la prise en compte de la problématique de l'emploi des jeunes dans la définition des politiques de développement.

Pour faire face à cette préoccupation le gouvernement ivoirien a plutôt fait le pari de la création d'un Ministère dédié à la question. Mais malgré la présence de ce Ministère au sein de plusieurs gouvernements peut-on penser objectivement que des réponses concrètes ont été apportées à la question, surtout quand on continue d'observer le nombre croissant de jeunes ivoiriens candidats aux « voyages-suicides » de la traversée de la méditerranée vers des horizons meilleurs, notamment le continent européen et américain ?

La réponse à cette question se trouve dans la grève des docteurs au cours de laquelle plus de deux cents jeunes ivoiriens possédant des doctorats toutes disciplines confondues manifestent pour réclamer à l'État un emploi. Cela sonne l'échec de la politique d'emploi du gouvernement dont la trame reste la propagande politique. Parce qu'au-delà des opérations de remise de chèque à une poignée de jeunes triés sur le volet aucune perspective n'est offerte à notre jeunesse. Aussi, pour amorcer une politique réelle de résorption du chômage des jeunes un changement de paradigme s'impose-t-il. Car, dans l'environnement mondial actuel aux multiples défis l'on ne peut continuer de faire de l'État le principal employeur du pays. Il apparait à cet effet impérieux d'adapter le contenu des formations dispensées dans notre système éducatif aux réalités du marché de l'emploi.

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Ne faut-il pas évoquer la situation de notre système sanitaire qui continue d'être à la traine ? Le gouvernement ayant opté pour la quantité au détriment de la qualité. Les dépenses de santé inscrites aux différents budgets de l'État privilégient la construction d'infrastructures, faisant peu cas du recrutement et de la formation du personnel soignant. Et là encore ! De ce fait, le ratio personnel soignant rapporté à la population reste très en deçà des standards internationaux. Cette orientation du gouvernement obéit plus à des besoins de communication politique qu'à la satisfaction réelle des besoins des populations. Pour s'en convaincre la quasi-totalité des pontes du régime observe une certaine méfiance à l'égard de notre système sanitaire en s'orientant vers l'extérieur pour les maux même les plus bénins. Qui n'aura remarqué qu'en l'espace de deux ans ce sont trois premiers Ministres qui sont décédés à l'extérieur ou de retour de l'étranger.

Ce tableau peu reluisant de notre système sanitaire est le même qu'offre notre système éducatif.

En effet, notre système éducatif est tellement malmené par des politiques gouvernementales mal pensées que l'on n'hésite plus à se poser la question sur la valeur des diplômes décernés. L'école est devenue le symbole de tout le contraste de la vie sociale en côte d'ivoire. Un système qui n'offre pas les mêmes qualités d'enseignement pour tous, créant ainsi dès la base des inégalités et une discrimination sociales.

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Dans certains centres urbains et ruraux les élèves sont soumis au système de double ou triple vacation par faute d'enseignants ou de salles de classes. La conséquence de cette politique de l'école en est que tout parent soucieux du devenir de sa progénitures s'échine à rassembler les moyens financiers afin de leur offrir une formation adéquate à l'étranger. Quant à la classe sociale défavorisée, la plus nombreuse de la population ivoirienne, elle subit faute de solutions alternatives. De toute évidence, une telle politique de formation ne garantit pas à notre pays le capital humain à même de lui offrir les chances d'affronter les défis d'un monde de plus en plus concurrentiel.

Guillaume Kigbafori SORO

Président de Générations et Peuples Solidaires (GPS)

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