Terrorisme au Burkina Faso : Roch Kaboré est-il à la hauteur ?
Depuis six ans, le Burkina Faso est en proie à des attaques djihadistes dont sont victimes aussi bien des civils que des militaires.
Selon les manifestants, les attaques djihadistes ont fait des milliers de morts, de déplacés et entrainé la fermeture de nombreuses écoles sur le territoire. L'épouse d'un militaire a pour sa part déclaré vivre dans l'angoisse à chaque fois que l'armée part combattre les djihadistes, car cette dernière manque de tout. Une peur certainement normale puisque plus d'une cinquantaine de gendarmes ont trouvé la mort dans une attaque perpétrée contre leur détachement le 14 novembre alors qu'ils étaient sans ravitaillement depuis deux semaines.
La présence des forces militaires françaises semble également être de moins en moins tolérée par les contestataires du pouvoir Kaboré. Le 18 novembre, un convoi français en partance vers le Niger a été bloqué durant plusieurs heures au centre-nord du pays avant de rebrousser chemin vers Ouagadougou. Le groupe de jeunes responsable du blocus manifestait contre la présence de l'armée française au Sahel.
Face à la montée de la colère, le gouvernement a pris diverses décisions. Ceci va de la répression des manifestations par les forces de police à la coupure d'internet pendant plusieurs jours. Celles-ci semblent n'avoir aucun effet sur la grogne populaire. Et même si Roch Marc Christian Kaboré a promis jeudi 25 novembre de corriger les failles au sein de l'armée et de procéder à un remaniement ministériel, la contestation ne diminue pas. Pour l'heure, les décisions présidentielles sont loin de satisfaire la population burkinabè qui certainement attend bien mieux de son exécutif face à la crise sécuritaire au Sahel.