Trafic Côte d’Ivoire : saisie de plus de 4 tonnes d’écailles de pangolins et près de 800 kg d’ivoires
Plus de quatre tonnes d’écailles de pangolins et près de 800 kg d’ivoires ont été saisis en six ans, révèle un rapport de l’ONG EAGLE-Côte d’Ivoire.
Au total, 4 015 kg d’écailles de pangolins, 196 pointes d’ivoires bruts pesant 761,01 kg, 198 objets d’ivoires sculptés, huit pointes d’ivoires polies, un bébé chimpanzé vivant, deux peaux de lion et de trois peaux de panthères ont été saisis grâce à la collaboration entre l’Unité de lutte contre la criminalité transnationale organisée (UCT), la Direction de la police forestière et des eaux (DPFE) du ministère des Eaux et Forêts et EAGLE-Côte d’Ivoire.
Durant ses six ans d’activités en terre ivoirienne, l’ONG EAGLE identifie le pays comme une plaque tournante du trafic d’espèces protégées. La Côte d’Ivoire est à la fois un marché local et une zone de transit. Les produits fauniques s’échangent en petites quantités sur le territoire mais également en larges quantités à l’export, avec les réseaux implantés.
En février 2021 par exemple, 114 kg d’ivoires répartis sur 60 défenses avaient été saisis à Abengourou, ville frontière du Ghana, par les autorités ivoiriennes. D’après les analyses ADN du professeur Wasser de l’Université de Washington, 90% de ces ivoires provenaient du complexe WAP (Parcs nationaux du W au Niger, de Arly au Burkina Faso et de la Pendjari au Bénin).
L’ONG affirme que les éléphants seraient tués en masses au complexe WAP, et les ivoires issus de ces abattages programmés sont évacués dans les villes et villages plus au Sud, pour ensuite atteindre les centres urbains et probablement les grandes villes côtières, Abidjan, Lagos, Cotonou, Lomé…
« Les informations rassemblées montrent que de multiples stocks d’ivoire se sont constitués en Côte d’Ivoire et dans les pays environnants. L’ivoire semble soudainement très accessible dans la sous-région, signe probable du massacre d’une des dernières populations d’éléphants de l’Afrique de l’Ouest », alerte l’ONG.
Pour pallier cette situation, le projet EAGLE-Côte d’Ivoire préconise la révision de la loi faunique qui jusque-là demeure peu dissuasive. La loi faunique N°65-255 du 4 août 1965 relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse prévoit, en effet, une peine d’emprisonnement allant de deux mois à 12 mois, assortie d’une amende de 3 000 à 300.000 Francs CFA. Cette loi est adaptée aux petits braconniers mais pas aux trafiquants internationaux.