Trafic de 120 000 passeports ivoiriens : la menace sur l’intégrité de l’État (Steve Beko)
Le trafic de documents administratifs en Côte d'Ivoire (passeports ivoiriens) est un scandale de grande ampleur qui soulève de nombreuses questions.
En juin 2023, le Qatar a alerté la Côte d'Ivoire de la présence de ressortissants syriens qui tentent d'entrer dans leur pays avec des passeports ivoiriens. Interrogés par les services de police qatari, ces individus ont reconnu leur participation à un trafic illicite de documents administratifs ivoiriens.
Selon Jeune Afrique, ce trafic concerne 120 000 passeports. C'est approximativement la population de Ferkessédougou, la troisième ville la plus peuplée du pays.
Cette affaire n'est pas nouvelle. En mai 2015, la police ivoirienne a arrêté une femme en possession de 500 000 cartes nationales d'identité. Le journal L'Éléphant Déchaîné a révélé l'existence d'un vaste réseau de production frauduleuse à grande échelle de ces documents.
En septembre 2023, le ministère de la justice a annoncé la disparition de 17 000 imprimés sécurisés de certificats de nationalité et de casiers judiciaires. Ces documents ont été volés dans les services du ministère.
L'enquête sur ce trafic de documents administratifs a conduit à l'arrestation de plusieurs personnes, dont des employés de la Société nationale d'édition de documents administratifs et d'identification (Snedai), une entreprise proche d'Adama Bictogo, président de l'Assemblée nationale et membre influent du parti au pouvoir.
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Les implications politiques de ce scandale
Ce scandale soulève de nombreuses questions politiques. Pourquoi le débat sur l'immigration est-il tabou en Côte d'Ivoire ? Qui a intérêt à ce que l'état civil du pays ne soit pas sécurisé ?
Steve Beko, cadre du PPA-CI, qui a suivi cette affaire de près, estime que ce trafic profite à ceux qui refusent qu'on audite la liste électorale.
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« Si des personnes étrangères peuvent se faire établir des CNI et des passeports ivoiriens en 48 heures, qu'est-ce qui les empêche de s'inscrire sur la liste électorale ? », s'interroge-t-il.
« Qui dit que les destinataires des 17 000 certificats de nationalité volés au ministère de la justice ne sont pas sur la liste électorale ? », ajoute-t-il.
Le scandale du trafic de documents administratifs en Côte d'Ivoire est un coup dur pour l'État ivoirien. Il met en lumière les failles de l'administration et l'ampleur de la corruption qui gangrène le pays.