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Travail décent en Côte d’Ivoire, « filles de maisons ou bonnes »: les droits des travailleuses domestiques au centre d’un atelier

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by Dofra Sekongo
Travail décent en Côte d’Ivoire, « filles de maisons ou bonnes »: les droits des travailleuses domestiques au centre d’un atelier

Appelées communément « filles de maisons ou bonnes », une étude réalisée par le Réseau Ivoirien des Droits de l'Enfant et de la Femme (RIDDEF) et ses partenaires  révèle que 95% de ces filles travaillent plus de 8 heures par jours.

Souvent marginalisées, maltraitées, exerçant dans des conditions difficiles pour la plupart, et vu l'urgence à agir les organisations du secteur se sont réunis en atelier de réflexion sur la question.

L'objectif de cette rencontre vise principalement à valider le rapport technique de l'étude sur la documentation des violations des travailleuses domestiques en Côte d'Ivoire.

La cérémonie d'ouverture  de cet atelier, qui se tient du 8 au 10 septembre 2022 à Abidjan-Plateau, a permis aux officiels présents de délivrer des messages forts à l'endroit des acteurs de ce secteur d'activité.

Pour la Présidente  du RIDDEF Chantal Ayemou, «  ce secteur est un pilier non négligeable de l'économie ivoirienne qui engage la majorité de la jeunesse. En revanche, leurs conditions de vie et travail restent relatif », a-t-elle déplorée. Elle en veut pour explication, l'enquête terrain réalisée par son organisation et ses partenaires sur un  échantillon de 557 employés domestiques dans 4 communes de la ville d'Abidjan dont :  Abobo, Marcory, Cocody et Yopougon.

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Les résultats de cette enquête sont sans appels. Selon Chantal Ayemou « 95% des travailleuses domestiques travaillent plus de 8 h par jours, 36.8% ne bénéficient pas de jours de congés et de repos, 26,4 % sont privées de leur salaire etc. », a-t-elle révélée.

Pour le RIDDEF, cet atelier est l'occasion rêvée pour traiter avec l'ensemble des parties prenantes  cette situation préoccupante qui touche une bonne partie de la population. Ce séminaire devrait permettre également de valider le rapport et offrir un cadre d'échanges en vue de faire le plaidoyer nécessaire pour une meilleure protection des droits des domestiques en Afrique et particulièrement en Côte d'Ivoire .

La présidente du RIDDEF a terminé son intervention en insistant sur le fait que « protéger les droits des travailleuses domestiques c'est garantir la stabilité des ménages, l'autonomisation de la femme et assurer un développement durable pour notre pays ».

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À sa suite Dr Diallo Fatima, Directrice du Centre de Recherche et d'Action sur les Droits Economiques Sociaux et Culturels (CRADESC) a déplorée toute l'injustice  qui existe dans ce secteur. Pour elle il y'a urgence à agir pour redonner de l'espoir  à ses millions de jeunes femmes. Malheureusement dit-elle « la question occupe les agendas secondaire dans la mise en œuvre de réforme courageuse pour sauver ce secteur ». Elle a rappelé qu'en 2021, selon l'Organisation International du Travail « 76.6 millions de personnes (femmes comme hommes) exercent le travail domestique dans le monde et l'Afrique en est le troisième continent où ce travail domine les emplois ».

L'Etat de Côte d'Ivoire sur la question fait des efforts et des avancées notables sont à son bénéfice. Le cadre juridique a été renforcé en 2015, selon Waho Jean Marie, Représentant du ministère de l'Emploi et de la Protection Sociale. Mais il sied également de « reconnaître que le problème de l'application  de ces lois persiste », a-t-il reconnu.

C'est pourquoi, le Ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant se bat « pour que les conditions de vies et de travail de ces milliers de femmes et jeunes dans ce secteur soient améliorées à travers la sensibilisation au plus haut niveau », a indiqué Mme Awa Sylla Représentant dudit ministère.

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Durant ces trois jours, Associations d'appui aux travailleuses domestiques, syndicats, agences de placement, les travailleuses domestiques, les organisations de défense des droits des femmes et des enfants, les leaders communautaires et acteurs institutionnels vont plancher sur la question.

Le rapport de l'étude à valider au cours de ces jours de réflexion a été réalisé dans cinq pays dont : la Côte d'Ivoire, le Mali, le , le Togo et la Guinée.

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par Dofra Sekongo

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