Ahoua Don Mello estime que la Côte d'Ivoire a perdu la « guerre des étoiles » qui l'oppose à la France sur la ligne aérienne Abidjan-Paris. Ingénieur des Ponts et Chaussées et ancien directeur général (DG) du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD), il développe cette lecture dans une analyse datée du mardi 29 septembre 2026, publiée sous la bannière « La Côte d'Ivoire souveraine ».
Le différend porte sur le partage des fréquences depuis octobre 2025. À cette date, Air France exploitait deux vols par jour et Corsair un seul, soit 21 fréquences hebdomadaires pour les transporteurs français, contre sept pour Air Côte d'Ivoire à son lancement. Le président de la compagnie ivoirienne, le général Abdoulaye Coulibaly, réclamait « autant de vols français que de vols ivoiriens ».

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Pour obtenir gain de cause, le DG de l'Agence nationale de l'aviation civile (ANAC), Silué Sinaly, a refusé d'approuver les programmes de vol d'Air France et de Corsair pour la saison débutant en novembre 2025. Air Côte d'Ivoire avait reçu le sien dès le 6 octobre. Fin novembre 2025, selon l'auteur, Abidjan a cédé après une intervention du président français. En juin 2026, le ministre ivoirien des Transports, Amadou Koné, a remercié Paris pour son soutien au financement de l'extension de l'aéroport d'Abidjan et pour les dispositions prises en faveur de la compagnie nationale. Depuis le 29 mars 2026, celle-ci assure huit vols hebdomadaires vers Paris-Charles-de-Gaulle, contre sept auparavant.
Le partage de codes, nouveau point de blocage
Le conflit se joue désormais sur les normes. L'accord de partage de codes conclu avec Air France en 2017 reste suspendu à l'aval de la Federal Aviation Administration (FAA) américaine. Il permettrait à Air Côte d'Ivoire de vendre des billets sur les vols d'Air France sous son propre code, pour des correspondances vers d'autres destinations.

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L'obstacle est réglementaire. La Côte d'Ivoire affichait en 2024 un taux de conformité de 93,89 % aux normes de sécurité de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), le meilleur score d'Afrique. Elle demeure pourtant en catégorie 2 du programme IASA de la FAA, alors que le Department of Transportation (DOT) américain n'autorise ces accords que pour les pays classés en catégorie 1.
Les effets se lisent sur le remplissage. Entre octobre et décembre 2025, Air Côte d'Ivoire a transporté 13 150 passagers sur 136 vols, pour 32 912 sièges offerts, soit 40 % de remplissage, contre plus de 80 % pour Air France selon l'auteur. Son DG, Laurent Loukou, vise la rentabilité « au bout de quatre ou cinq ans maximum ». Air France détient 11 % du capital de la compagnie.
Ahoua Don Mello rattache ce dossier au Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui prévoit la création d'une société de transport maritime, et appelle à en tirer les leçons.

