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Violences en Tunisie, une victime témoigne des faits !

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by Sandrine Kouadjo
Violences en Tunisie
Violences en Tunisie

. Le 21 février 2023, lors d'une réunion de son Conseil national de sécurité, le chef de l'Etat tunisien, Kaïs Saïed a déclaré que le phénomène des migrants africains noirs présents en Tunisie, qu'il qualifie de « masses incontrôlées » venues du Sud, relève d'un « plan criminel pour changer la composition du paysage démographique » du pays, afin de l'arracher « aux nations arabo-musulmanes ».

Il s'est notamment emporté contre « la violence, les crimes et les actes inacceptables » dont les migrants noirs seraient les auteurs.

« Il existe un plan criminel pour changer la composition du paysage démographique en Tunisie, et certains individus ont reçu de grosses sommes d'argent pour donner la résidence à des migrants subsahariens ».

Ces déclarations, ont accentué les violences à l'égard des migrants. Les Africains noirs en situation régulière comme les étudiants n'y échappent pas.

Les informations relayées par plusieurs médias africains et occidentaux témoignent d'extrêmes violences à l'égard des personnes qualifiées de « masses incontrôlées ».

Qu'en est-il réellement ? Témoin et victime de racisme, Franck, ivoirien résident à Tunis, nous explique.

Le meurtre d'une Ivoirienne serait à l'origine des violences en Tunisie

« Tout a véritablement commencé le 6 février 2023. Le meurtre à Tunis d'une Ivoirienne, mère d'un bébé de 8 mois par 4 migrants de nationalité guinéenne, a donné lieu à des rafles de la police tunisienne. Les personnes noires étaient atomiquement embarquées sans exception. Près de 300 personnes furent emprisonnées. Une centaine d'entre elles ont été libérées quelques jours plus tard.

En outre de ces événements, la population locale grognait déjà. Se plaignant du nombre important des migrants sur leur territoire, augmentant ainsi l'insécurité et le chômage en Tunisie.

En effet, selon des ONG locales, le pays enregistre un peu plus de 50 000 migrants subsahariens qui constituent une main d'œuvre bon marché, assez profitable pour les locaux. Ces migrants assurent pour la plupart, des métiers négligés par les nationaux. Aides ménagères, nounous, petites mains dans les exploitations agricoles et les usines, entre autres.

Selon Franck, « cette situation déjà tendue, s'est donc enflammée après le discours du président Kaïs Saïed. Les violences se sont accrues vis-à-vis des migrants et des personnes noires en situation régulière. »

Des campagnes racistes enveniment les violences

Franck soutient également que des campagnes racistes ont été menées par le Parti Nationaliste Tunisien (PNT) sur les réseaux sociaux. Elles demandaient aux Tunisiens de s'en prendre aux noirs.

Suite à ces violences, l'Union Africaine a condamné les déclarations « choquantes » du président Kaïs Saïed sur les migrants subsahariens.

Plusieurs pays, dont la Côte d'Ivoire, ont mis en place des plans d'urgences pour rapatrier leurs ressortissants.

Il faut noter que, depuis le samedi 25 février dernier, les tensions se sont apaisées, suite à une marche organisée par des associations des droits de l'homme en Tunisie.

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par Sandrine Kouadjo

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