Inondations en Côte d’Ivoire : « L’Etat a commis des erreurs, mais… » (Friedrich-Ebert-Stiftung)

Alassane Ouattara a visité un site d'inondation à Cocody
Alassane Ouattara a visité un site d'inondation à Cocody

Une analyse du bureau de la Friedrich-Ebert-Stiftung Côte d’Ivoire suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur Abidjan du lundi 18 au mardi 19 Juin 2018. Côte d’Ivoire déclaration Friedrich-Ebert-Stiftung.

La Côte d’Ivoire s’est réveillée sous les eaux, au sens propre du terme.
Les Ivoiriens priaient depuis des semaines pour la pluie, et elle est arrivée, mais avec son lot habituel de souffrances : pertes en vies humaines, dégâts matériels, sinistrés.
Effroi, consternation, résignation sont autant de sentiments qui ont animé les Ivoiriens en cette matinée du 19 juin 2018. Les images foisonnent sur les réseaux sociaux et sont insurmontables, nous faisons face à une crise humanitaire. Et, le bilan déjà lourd risque de s’alourdir car les pronostics météorologiques font de cette saison l’une des plus diluviennes.

Les populations dans leur majorité s’interrogent : à qui la faute ?

L’Etat a sa part de responsabilité, c’est un fait indéniable. Mais nous avons aussi la nôtre.

Bien évidemment, le premier au banc des accusés est l’Etat. Ces accusateurs affirment que l’Etat n’a rien prévu en amont, et pointent du doigt une mauvaise politique d’urbanisation, et sa tolérance face a la multiplication de constructions illégales.
Ces accusations ne sont pas forcément infondées, car l’Etat à commis des erreurs. L’impunité avant tout. Mais c’est un peu trop facile. Nous sommes aussi responsables d’avoir facilité l’impunité.

un bout de papier jeté dans la rue en entrainera un autre qui en entrainera un autre et causera peut-être la prochaine inondation. La nature nous donne des leçons, à nous de les retenir.

Nous, qui par nos gestes quotidiens contribuons à l’obstruction des canalisations.
Nous, qui sans état d’âme, déversons nos ordures ménagères sur la voie publique. Nous, qui installons commerces et habitations au-dessus des bouches d’égout en négligeant les conséquences.

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Nous, qui continuons d’utiliser des sachets en plastique, bien que ceux-ci soient prohibés.
Nous, qui nous adonnons à la corruption pour obtenir nos permis de construire.
Nous, qui enfreignons délibérément les règles de l’éco-citoyenneté et du civisme.

Arrêtons de nous afficher en victimes et employons-nous à jouer notre rôle de citoyens responsables. L’Etat a sa part de responsabilité, c’est un fait indéniable. Mais nous avons aussi la nôtre.
Rappelons-nous qu’un bout de papier jeté dans la rue en entraînera un autre qui en entraînera un autre et causera peut-être la prochaine inondation. La nature nous donne des leçons, à nous de les retenir.

Friedrich-Ebert-Stiftung Côte d’Ivoire

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