Selon Issa Ouattara, coordonnateur du Projet de transport urbain d'Abidjan (PTUA), ce sont 14 472 ménages provenant de de Yopougon (Yaossehi, Doukouré, Nouveau Quartier) ; Attécoubé (Fromager, Jean-Paul 2, Santé, Boribana) et Adjamé (Bromakoté, Adjamé-village) qui sont concernés par cette opération. Ils percevront chacun 250 000 FCFA, en leurs qualités de locataires. Cela représente 3.6 milliards FCFA.
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L'Etat a dégagé une enveloppe de 30 milliards FCFA pour les dédommagements. Si le nombre de locataires bénéficiaires est connu (la semaine dernière, seuls 2 500 s'étaient signalés), le nombre de propriétaires est totalement méconnu. C'est ici que le flou commence.
Un flou artistique destiné à brouiller les pistes. Pour quels motifs ? Facile à deviner. Dans ce jeu de brouillage des pistes, les détenteurs du projet ont tenté un déguerpissement d'Adjamé Village, avant même d'entamer le dédommagement. Combien de propriétaires sont concernés ? Où peut-on consulter leur liste ? Combien doivent-ils toucher ?
Quand la question est posée à Issa Ouattara, il devient évasif. Selon lui, concernant les propriétaires, le dédommagement sera fait après une expertise vénale et selon la spécificité du propriétaire (propriétaire ou propriétaire-résident). Le dédommagement, selon lui, peut être en numéraire ou en une autre maison de même type. En clair, de ce côté-là, rien n'est encore fait ou alors l'on retarde l'échéance, pour des raisons inavouées.
L'enjeu n'est-il pas la rondelette somme de 26.4 milliards FCFA ? Pour rappel, des incidents ont éclaté entre les populations d'Adjamé Village et la police, suite à leur refus catégorique de déguerpissement de leur village, avant dédommagement.
« Posez la question à l'Etat combien a-t-il dédommagé et à qui ils ont donné cet argent. Puisque nous qui sommes héritiers, nous ne savons rien. Nous avons demandé à aller aux deux Plateaux parce que nous étions condensés, et c'est une extension. Nous avons demandé à l'Etat de nous permettre de nous étendre parce que nous sommes étouffés », avait dit le doyen d'âge du village. La réponse a été les bombes lacrymogènes. Toujours dans la stratégie de l'opacité…
Prince Beganssou
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