Affaire un Ébrié succède à un autre Ébrié à la tête de l’Eglise d’Abidjan : Réponse du Père Djadji à Jean-Claude Djereke

Père Marius Hervé Djadji
Père Marius Hervé Djadji © Crédit Photo DR

Réponse du Père Djadji à monsieur Jean-Claude Djereke: Affaire Un Ébrié succède à un autre Ébrié à la tête de l’Eglise d’Abidjan.

Monsieur Jean-Claude Djereke, dans votre intervention suite à la nomination de Monseigneur Ignace Bessi comme Berger de l’Eglise locale ou particulière de l’archidiocèse d’Abidjan, en vous appuyant sur le Saint-Esprit, vous avez voulu faire un cours d’ecclesiologie à la Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire et à l’Eglise universelle. En tant que chrétien et prêtre de Côte d’Ivoire, je vous réponds ici sur les réseaux sociaux parce que c’est là que vous avez publié. Vous le savez bien en tant qu’intellectuel, érudit des sciences sacrées, c’est comme cela que depuis les premiers siècles les théologiens et Pères de l’Eglise réagissaient : communication contre communication.

Pour les nouveaux lecteurs chrétiens, notez que personne n’expose ici l’Eglise sur les réseaux sociaux. Tout ce que nous avons comme patrimoine intellectuel dans l’Eglise est né à travers des écrits opposant même des chrétiens, et des écrits entre chrétiens et des semeurs de venin doctrinal. Si Paul était de notre époque, il allait écrire sur les réseaux sociaux aux Colossiens. Donc les pleureurs et pleureuses de Jérusalem, enfermez-vous dans les maisons inachevées pour danser Aicha Tremblée, car le Cénacle n’est pas encore terminé.

Après cette mise au point je reviens à vous cher frère, confrère d’hier dans la plantation sacerdotale.

La conclusion de votre réflexion porte selon vous sur le transfert d’un Ébrié pour succéder à un autre Ébrié. En suivant la trajectoire de votre pensée ecclésiologique, le seul péché de Monseigneur Ignace Bessi c’est d’être un Ébrié. Comme d’habitude vous avez commencé à mettre en évidence ses qualités, mais pour cette nomination, du coup ont disparu miraculeusement toutes les qualités de Monseigneur Ignace Bessi que vous avez exposées dans les premières lignes de votre analyse. Vous êtes un adeptes des contournements pour mieux accrocher vos lecteurs. Merci bien.

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M. Jean-Claude Djereke, vous avez une ligne ecclésiologique fondée sur la fibre ethnique depuis que vous avez librement quitté les rangs sacerdotaux. Malheureusement vos réflexions ne sont pas cohérentes. Si l’Eglise fonctionnait dans l’ethnisme est-ce qu’un Bété allait être curé dans le diocèse de Bassam ?

Pour rappel, vous avez été curé dans ce diocèse sans être Abouré, Agni ou N’zima. J’aimerais juste vous préciser que c’est librement que l’Eglise de Côte d’Ivoire a choisi cette manière de fonctionner qui met plus en évidence les deux notes de l’Eglise : Unité et Catholicité.

La Côte d’Ivoire souffre beaucoup de la question ethnique, ne venez pas cher frère en rajouter surtout au niveau de l’Eglise. Quand vous parlez d’un choix à partir de la province ecclésiastique, vous oubliez que Monseigneur Ignace Bessi est prêtre originaire du diocèse de Yopougon, a été vicaire général de Yopougon donc de facto est lié à la province ecclésiastique d’Abidjan. Quand vous étiez avec Mgr Bessi au Séminaire c’était au compte de quel diocèse puisque le diocèse de Yopougon a été fondé en 1982 et Mgr a été ordonné prêtre en 1987?

Avant 1982 Mgr Bessi était séminariste de Yopougon ou d’Abidjan ?

Mais votre seul problème est qu’il est de l’ethnie Ébrié. Si on avait même choisi un Bété, vous trouverez quelque chose à dire parce que vous avez un véritable problème de cohérence et de logique. Et comme vous êtes philosophe, je vous conseille de lire Ka-Mana qui parle de deconstruction intérieure de l’homme noir.

Dès l’entame de votre réflexion, vous avez fait un récital pneumatocentré ou même pneumatologique. Malheureusement, dans la conclusion de votre pensée, l’humain ethnique, la conscience raciale a pris la place du souffle du Paraclet. Vous avez oublié de faire un atterrissage pneumatologique étant donné que l’Eglise découle du Saint-Esprit, en reconnaissant que le choix de Monseigneur Ignace vient du Saint-Esprit. C’est cela la foi, c’est cela être chrétien.

Quand on ne fait pas partie de la vie intratrinitaire, on reste humble en accueillant les décisions de l’Eglise comme inspiration divine puisque nous ne maîtrisons pas la circumincession, c’est à dire la communication et l’intercommunion entre les Hypostases divines. C’est pourquoi quand les apôtres disent: « l’Esprit Saint-Esprit et nous avons décidé », on dit amen.

C’est cela la foi quand l’Eglise décide parce qu’en Jésus, il n’y a plus Ébrié, Dida, Bété, Abidji. Dieu ne nous regarde pas en ethnie, il nous regarde en Église, en chrétiens.

Père Marius Hervé Djadji

Prêtre du diocèse de Yopougon: [email protected]

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