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Affaire violences du 1er août à Yopougon : « procédures bafouées » selon les avocats du PPA-CI

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by Alain Aka
Laurent Gbagbo lors d'un meeting, le 6 avril 2024 à Agboville
Laurent Gbagbo lors d’un meeting, le 6 avril 2024 à Agboville © Crédit Photo Service Communication PPA-CI

Les avocats du PPA-CI dénoncent en conférence de presse le 13 août 2025 des « procédures bafouées » dans l'enquête sur les violences du 1er août à Yopougon en Côte d'Ivoire.

Les violences à le 1er août 2025 font l'objet d'une vive contestation de la part des avocats du qui dénoncent des « procédures bafouées » dans l'enquête judiciaire. Le collectif d'avocats du parti de s'insurge contre les conditions d'arrestation et de détention des militants interpellés après ces événements sanglants.

La nuit du 1er août 2025 a été marquée par des violences inouïes à Yopougon. Des individus encagoulés, armés de machettes et de cocktails incendiaires, ont incendié un bus de la Sotra et agressé des policiers. Ces actes ont déclenché une enquête qui a conduit à l'arrestation de neuf personnes, dont plusieurs cadres du PPA-CI.

Des garde-à-vue jugées illégales

Me Kanon Blé, porte-parole du collectif, dénonce frontalement les méthodes employées. « Les règles de procédure ont été violées de bout en bout », affirme-t-il lors d'une conférence de presse tenue ce mercredi. L'avocat pointe particulièrement les conditions de garde-à-vue des premiers interpellés, maintenus dans des lieux « inconnus » sans assistance d'avocat.

Cette situation constitue selon lui une violation flagrante du droit à la défense. Me Sylvain Tapi abonde dans ce sens en évoquant l'article 90 du Code de procédure pénale : « Toute personne interpellée a droit à être assistée par un avocat de son choix. » Les aveux obtenus dans ces conditions sont selon lui « juridiquement irrecevables ».

Le parquet fait état d'aveux des interpellés désignant « Messieurs Moïse, ancien ministre de la Défense, et Koné Boubakar, ambassadeur à la retraite, comme étant les instigateurs de ces violences ». Ces révélations ont justifié l'interpellation des deux hauts responsables du PPA-CI.

Restrictions de liberté contestées

Quatre dirigeants du PPA-CI – Damana Pickass, Blaise Lasm, Koua Justin et Dahi Nestor – ont vu leurs mouvements restreints après interrogatoire. Me Tapi y voit une nouvelle violation, cette fois de l'article 21 de la Constitution qui garantit la libre circulation des citoyens.

« Aucune notification des motifs de cette restriction ne leur a été remise », s'indigne l'avocat. Cette mesure administrative soulève des interrogations sur le respect des libertés fondamentales dans cette affaire aux ramifications politiques évidentes.

Un statut spécial ignoré

Pour les anciens ministres Lida Kouassi et Boubakar Koné, la défense invoque la loi de 2005 sur le statut des anciens membres de gouvernement. Me Zahui précise que « les articles 42 et 43 exigent une procédure spéciale pour toute poursuite ou arrestation à leur encontre ».

Cette protection juridique particulière n'aurait pas été respectée, constituant selon la défense une irrégularité supplémentaire dans cette procédure déjà contestée. Les deux hommes ont été déférés lundi dernier devant la Section antiterroriste pour « acte terroriste » et « complot contre l'autorité de l'État ».

Face à ces violations présumées, les avocats du PPA-CI préparent leur riposte. « Nous saisirons le procureur général pour faire lever cette mesure de réquisition irrégulière », annonce Me Kanon. Le collectif compte également alerter le Conseil supérieur de la magistrature et les organisations de défense des droits humains.

Cette contre-offensive juridique transforme l'affaire des violences de Yopougon en épreuve de force entre le pouvoir judiciaire et l'opposition. L'issue de cette bataille procédurale pourrait influencer l'avenir politique de plusieurs figures du PPA-CI.

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