Audition détenus des pro-Soro : voici ce qui s’est passé le mardi

Le récit de l’audition des détenus pro-Soro le mardi 25 février 2020 devant le doyen des juges d’instruction qui demande l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Selon Me Émile Suy Bi « ils ont été entendus sur le fond du dossier après avoir répondu (à la convocation du doyen des juges d’instruction) dans le cadre d’une information judiciaire », qui ouvre une enquête menée par le doyen des juges d’instruction.   

Une procédure avait été ouverte contre Guillaume Soro,  ex-président de l’Assemblée nationale et ses proches, notamment une affaire  contre Soro et d’autres personnes pour tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, une seconde affaire contre Soro et d’autres personnes dans le cadre de sa résidence à Marcory, puis une troisième impliquant cinq députés et d’autres personnes. 

M. Soro est poursuivi pour atteinte à l’autorité de l’Etat, complicité de détournement de deniers publics, de recel de détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux, tandis que les députés arrêtés sont accusés de « trouble à l’ordre public, diffusion de nouvelles fausses et atteinte à l’autorité de l’Etat ».   

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Arrêtés au siège de GPS (Générations et peuples solidaires,  un mouvement présidé par Soro) à Cocody (Est Abidjan), non loin de l’ambassade des États-Unis, les députés et d’autres personnes avaient été placés sous mandat de dépôt et étaient détenus dans diverses prisons du pays. 

« Nous avons soulevé la question de l’immunité parlementaire pour les députés et nous continuons de dire que les poursuites des députés sont illégales », a dit Me Suy Bi, rappelant que les avocats avaient déjà soulevé cet argument devant le juge d’instruction. 

Le procureur, dira-il,  avait soutenu qu’il n’avait pas besoin de demander la levée de l’immunité de ces cinq députés incarcérés parce que pour lui, on est dans une situation de flagrant délit. Au niveau de l’Assemblée nationale, le Bureau a marqué son accord pour une levée de l’immunité.

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« Après l’étape de l’inculpation où ces pro-Soro ont été placés sous mandat de dépôt, aujourd’hui,  c’est l’étape de l’audition sur le fond dans ce dossier », a expliqué Me Suy Bi,  soulignant qu’ « il n’y a pas le nom de Guillaume Soro dans cette affaire».  

Pour être entendus,  le doyen des juges d’instruction les a fait venir des différents lieux de détention où ils étaient incarcérés. Trois avocats Français avaient récemment indiqué à Abidjan que Guillaume Soro et de 18 de ses proches sont visés dans l’ensemble de ces procédures.    

« Nous avons saisi en urgence le Groupe de travail sur la détention arbitraire à Genève au nom de 19 personnes» dont Guillaume Soro, avait déclaré à Abidjan Me William Bourdon, qui conduisait une délégation composée de Me Céline Mokrane et Me Vincent Brengarth du barreau de Paris.

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Suite à un retour avorté de Guillaume Soro à l’aéroport d’Abidjan, en provenance de Paris Le Bourget le 23 décembre 2019, un mandat d’arrêt international a été requis contre lui pour complot contre l’autorité de l’Etat. En outre des proches dont cinq députés ont été arrêtés. 

Me Suy Bi a par ailleurs signalé, ce mardi, un cas concernant le responsable commercial de la société de sécurité 911, Fabrice Tanoh Koffi Bouafo, qui a été arrêté à son lieu de travail depuis le 24 janvier 2020 à 15h GMT, et pour qui l’on a aucune nouvelle.  

« Il avait été arrêté une première fois, mais depuis un mois on est sans nouvelles de lui», a ajouté Me Suy Bi, insinuant qu’« il a été arrêté par des éléments du CCDO (Centre de commandement des opérations, une unité spéciale de la police)» et que « le procureur dit n’être informé de cette affaire ».  

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