Balla Keita tué pour ne pas qu’il rapporte à Gbagbo ce qui se tramait à Ouaga ?

L’assassinat du docteur Balla Keita. Extrait de « Libre, pour la vérité et la justice », livre de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, à la page 261.

L’assassinat du docteur Balla Keita, brillant ministre ivoirien au temps d’Houphouët-Boigny, qui reste à ce jour impuni. Une affaire criminelle qui fait encore jaser tout Abidjan. Le secret de Polichinelle qui entoure l’identité de ses auteurs et commanditaires n’est dû qu’à la congénitale absence d’enquête sur le continent.

Et la peur de parler. En 1987, le docteur Balla Keita – il était vétérinaire – avait été chargé par Houphouët, l’homme de la France en Afrique, d’aider Compaoré à renverser Thomas Sankara, jugé trop marxiste. Balla Keita continua ensuite à venir régulièrement à Ouagadougou.

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Pendant l’été 2002, mis au courant du coup d’État qui y était en préparation pour faire tomber Gbagbo, il apprit que l’opération était montée pour Alassane Ouattara, ami de Compaoré, et non pour Robert Guéï, son ami, ce qui lui déplaisait. Il détestait plus encore Dominique Ouattara, l’épouse française de Ado, qu’il avait connu dans l’intimité de Houphouët-Boigny. Il considérait que ce couple-là n’avait pas sa place au plus haut niveau de l’État, et ne s’en cachait pas.

D’anciens caciques du régime Houphouët s’en souviennent, et me l’ont dit. Ils confient des avis très précis sur la disparition de Balla Keita. Ou bien il arrive qu’ils sous-entendent ce qu’ils pourraient révéler sur le passé des actuels tenants du pouvoir dans des interviews subtilement codées à l’intention de ceux à qui elles s’adressent indirectement, quand on leur cherche noise… Les faits bruts : Balla Keita s’apprêtait à rentrer à Abidjan pour casser le morceau.

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Il fut assassiné le 1er août 2002 dans une villa de « Ouaga 2000 », une zone privée de la capitale du Burkina Faso, gardée 24 heures sur 24 par des hommes en armes, sans que l’on sache officiellement comment les tueurs étaient entrés.

Ce que l’on sait, c’est que le 19 septembre suivant, une attaque militaire lancée depuis le Burkina Faso par des rebelles qui y avaient trouvé structures d’accueil, base d’entraînement, et logistique, déferlait sur la Côte d’Ivoire, pendant que le président Gbagbo se trouvait en voyage officiel à Rome, faisant plus de 300 morts à Abidjan, dont le ministre de l’Intérieur, Émile Boga Doudou assassiné par les rebelles alors que, assiégé, il tentait de fuir son domicile.

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Ainsi que le général Robert Guéï et sa femme Rose, abattus dans des conditions restées mystérieuses.

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