Laurent Gbagbo s'exprime sur l'affaire du prétendu braquage de la BCEAO qui pèse sur son éligibilité. Il qualifie les accusations de « grotesques » et dénonce une cabale politique.

sort de son silence sur l'affaire du prétendu braquage de la . Dans un entretien accordé à AFO Média, l'ancien président ivoirien revient sur les accusations qui pèsent sur lui et l'empêchent d'être candidat à la prochaine élection présidentielle. Il qualifie ces accusations de « grotesques » et dénonce une cabale politique orchestrée à son encontre.

Gbagbo explique le contexte de l'époque : « Quand j'étais président, on a voulu faire en sorte qu'à l'intérieur du pays, la population se révolte contre moi. On a coupé le robinet. On a voulu m'empêcher de payer les salaires. » Face à cette situation, il affirme avoir pris la décision de nationaliser certaines banques pour assurer le paiement des salaires des fonctionnaires. « J'ai décidé, arrivé au conseil des ministres, de nationaliser ces banques-là. Et d'affecter illico presto des citoyens qui ont procédé au paiement des salaires », déclare-t-il.

L'ancien chef d'État rejette catégoriquement l'accusation de braquage : « Il n'y a jamais eu de braquage. » Il souligne que cette affaire a été montée de toutes pièces dès l'annonce de son acquittement par la Cour pénale internationale (). « Dès qu'ils ont su que j'étais en train d'être acquitté à la CPI, ils ont monté quelque chose ici », affirme-t-il.

Une condamnation controversée

Laurent Gbagbo revient sur sa condamnation à 20 ans de prison dans cette affaire. Il révèle que d'autres personnes ont également été condamnées, dont le Premier ministre Aké N'Gbo, le ministre de l'Économie et des Finances Désiré Dallo, et le ministre délégué au budget, Katinan Koné. Cependant, il souligne une différence de traitement : « Tout le monde a pris 20 ans de prison. Mais, c'est qu'après, les autres, y compris le principal accusé, sont amnistiés. »

L'ancien président dénonce ce qu'il qualifie d' »amnistie sélective ». Il s'interroge : « Pourquoi mon chef, c'est-à-dire le chef de file des accusés, des condamnés, lui il est amnistié, et puis moi, qui ne viens qu'après dans la hiérarchie, je ne le suis pas. Pourquoi ? » Cette situation, selon lui, vise à l'empêcher d'être candidat à la prochaine élection présidentielle.

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Gbagbo soulève également la question de son statut au moment des faits : « Et puis même pour ce braquage, moi au mois de février, j'étais chef d'État. » Il rappelle qu'un chef d'État bénéficie normalement d'une juridiction spéciale pour ce type d'affaires.

Malgré ces obstacles, Laurent Gbagbo reste déterminé à poursuivre son combat politique. Il rappelle un précédent historique : « En 1990, les mêmes personnes disaient que je n'allais pas être candidat contre Houphouët. Mais j'ai été candidat contre Houphouët. Et cela a ouvert la route au multipartisme. » Il se présente comme un « précurseur » et un « pionnier » dans la vie politique ivoirienne.

L'ancien président conclut en réaffirmant sa volonté de se battre : « Moi, je vais me battre jusqu'à la fin de ma vie, je vais me battre parce que les combats des Nkrumah, des Lumumba, ce n'est pas achevé. » Cette déclaration souligne sa détermination à rester un acteur majeur de la scène politique ivoirienne, malgré les obstacles juridiques auxquels il fait face.

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