CNI : seulement 118 centres d’enrôlement en 2020 pour une carte payante contre 11.000 en 2009 pour une carte gratuite

Kyria Doukoure décrypte l’enrôlement général des populations pour les CNI dont le lancement a été fait par Sidiki Diakité, le lundi 17 février 2020. 

Contrairement à ce que pensent certains, je n’en veux pas à ceux des Ivoiriens qui militent à ce jour au RDR. On a tous le droit de faire un choix totalement bêta au moins une fois dans notre parcours de vie. Ce qui me turlupine par contre, c’est leur amour pour l’illogisme. C’est à croire que toutes les nuits, l’inconséquence, la nigauderie et la mauvaiseté s’accouplent dans leur cerveau pour donner naissance aux réflexions que nous lisons sur les réseaux sociaux.

Prenons le cas de l’enrôlement ! Comment un ivoirien conscient peut justifier qu’on donne 118 centres d’enrôlement en 2020 alors que la carte d’identité est payante là où nous en avions 11.000 quand elle était gratuite en 2009. Mais revenons aux fondamentaux. De ma petite vie, c’est la première fois que je vois dans un pays où tous les citoyens se retrouvent tous ensemble sans papiers à la même date. Au cas où vous ne le saviez pas, ce sont 6,3 millions d’Ivoiriens qui détiennent les CNI arrivées à expiration en juin 2019 puis prorogées jusqu’au 30 juin 2020. Donc, à compter du 30 juin, tous les Ivoiriens seront « sans papiers ». Paradoxale pour un pouvoir qui a fait de la délivrance de la carte d’identité son cheval de bataille.

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Mais bien plus, nous avons des organismes qui sont payés à ne rien faire. Quand la CEI a fini d’organiser les élections, qu’est-ce qu’elle fait les années restantes. La présidentielle et les élections locales se tiennent en moyenne sur deux ans. Que font ces gens de la CEI les trois autres années du mandat ? Ils sont payés à se ronger les pouces. Quant à l’ONI, n’en parlons même.

Ces gens, pendant 10 ans ont été incapables de produire de simples cartes d’identité et on veut nous faire croire qu’on réussira à produire 11 millions de pièces en huit mois avec 118 centres ? En Côte d’Ivoire, nous avons 201 communes et 509 sous-préfectures pour 118 centres d’enrôlement. Ce qui veut dire que certaines communes et certaines sous-préfectures en sont dépourvus. Les habitants de ces lieux devront donc payer le transport et venir passer plusieurs jours dans une autre ville pour espérer avoir une pièce d’identité ? Allah n’est pas obligé !

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J’ai lu un nigaud écrire que c’est une prouesse technologique parce que les gens, 45 jours après l’enrôlement pourront avoir leur pièce. Si attendre 45 jours est une prouesse, que dire du processus ghanéen où sur le champ vous repartez chez vous avec votre carte d’identité ? Damné de damnation ! Bâtard de bâtardise !

La solution est simple sur cette question : prorogeons les cartes d’identité jusqu’après les élections. Le processus actuel concernera les nouveaux majeurs, les personnes jamais enrôlées et celles qui ont perdu leurs pièces. On réduira ainsi le nombre de pétitionnaires. On gagnera en temps et en argent.

Terminons avec le dialogue politique où le RDR a érigé la mauvaise foi en doctrine. On convoque l’opposition non pas pour faire avancer les choses mais se donner l’illusion de discuter et pour gagner du temps. Dois-je rappeler que sous l’ex-président Laurent Gbagbo, le RDR avait exigé une révision du code électoral afin de participer aux élections locales ?

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À titre d’exemple, le FPI proposait que le nombre de députés d’une circonscription soit fonction du nombre d’habitants. Le RDR exigeait que soit tenu compte de la superficie de la circonscription. A la fin, un consensus fut obtenu et des coefficients furent affectés. Ainsi, la population représentait 75% et la superficie 25 %.

C’est sur cette base consensuelle que le nombre d’élus locaux par localité fut arrêté de concert avec tous les partis politiques. Voici comment on mène des discussions quand on est démocrate et ouvert à la paix. Ce qui se passe sous nos yeux est la haute plaisanterie. Et l’opposition devra se résoudre à prendre ses responsabilités.

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