Côte d’Ivoire : Inquiétudes sur le processus électoral de 2025, la société civile et l’opposition réclament des réformes

Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d'Ivoire
Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d'Ivoire © Crédit Photo DR

Processus électoral de 2025 en Côte d'Ivoire. La société civile et les partis politiques appellent à des réformes de la CEI avant la présidentielle d'octobre.

Dans une déclaration conjointe, ils révèlent que « depuis le 13 mai 2024, les préfets et sous-préfets organisent des rencontres avec les représentants des partis politiques et de la société civile de leurs localités respectives pour actualiser la cartographie électorale ».

Selon eux, « cette opération a débuté sans qu'aucune autorité de la Commission électorale indépendante () et ou du ministère de l'Intérieur n'ait songé à en informer officiellement, ni les partis politiques, ni les organisations de la société civile, encore moins les populations ».

« Manifestement, en dehors de toute approche consensuelle, la CEI est en train, sans que l'on y prenne garde, d'engager de façon unilatérale notre pays, la Côte d'Ivoire, dans le processus électoral de 2025 pour la présidentielle et les législatives à venir », lancent-ils.

« En raison de l'urgence et de la gravité du sujet, nous, les représentants 14 organisations (9 partis politiques, 1 plateforme de partis politiques, 4 associations de la société civile) », se sont réunis pour se prononcer sur le processus électoral.

La rencontre de ces partis de l'opposition et organisations de la société civile, a eu lieu le vendredi 17 mai 2024, au siège du MGC, le parti de l'ex-Première dame de Côte d'Ivoire, Simone Gbagbo, pour analyser la situation et adopter une position commune.

Pour eux, « le moment est venu d'engager un dialogue ouvert et inclusif qui permettra d'organiser des élections transparentes et apaisées. Car, les exigences du calendrier électoral imposent que des discussions commencent dès maintenant de sorte que tous les points de désaccord soient résolus en amont et à temps.

Les problèmes essentiels, selon eux, sont « la composition de la CEI qui doit devenir véritablement indépendante dans sa composition, comme dans son fonctionnement » et « le contrôle des actes et documents électoraux, particulièrement le renouvellement de la liste électorale et son audit ».

Ils souhaitent également « le découpage électoral actuel qui est très injuste, et dont la réforme est requise depuis plusieurs années (ainsi que) le réexamen de certaines dispositions de la Constitution et du Code électoral », dans la déclaration.

Cette situation créé « des inquiétudes et du stress, là où les populations ont besoin d'une atmosphère apaisée », notent ces différentes entités qui soutiennent qu'il faut « informer et instruire les acteurs sur tous les actes qu'imposent les opérations électorales essentielles (afin de) garantir la justice et la démocratie. »

« Par ailleurs, il n'échappe à personne que la société ivoirienne vit des temps de vaches maigres, extrêmement stressants et difficiles en raison d'une augmentation continue du coût de l'électricité et des prix des denrées alimentaires de première nécessité sur tous les marchés », mentionne la déclaration.

A ces deux facteurs de « la baisse vertigineuse du pouvoir d'achat » des Ivoiriens, s'ajoute le phénomène du changement climatique qui cause une vague de forte chaleur et qui impacte ainsi négativement les productions agricoles, soulignent ces 14 organisations.

« Face à cet état d'aggravation de la crise du coût de la vie, nous exprimons notre solidarité aux populations en souffrance et affirmons qu'il est inconvenant et mal venu, voire inconcevable d'amplifier cet état de fait par de nouveaux tourments que provoqueraient d'éventuels affrontements électoraux », poursuit le texte.

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« Pour nous, ces affrontements, qui rythment la vie politique, sociale, économique et culturelle de notre pays depuis plus de 20 ans, sont tout à fait évitables, pourvu que chacun y mette du sien », estiment-ils, appelant à un « dialogue ouvert et inclusif. »

Ces partis d'oppositions et ONG déclarent que « la CEI, l'arbitre des élections doit faire une mue profonde pour recouvrer son indépendance ; pour jouer son rôle et pour assumer pleinement son statut de chef d'orchestre des opérations électorales ».

Aux partis politiques dans l'opposition et aux organisations de la société civile, ils recommandent une « unité de pensées et d'actions dans un cadre commun formel, convenu car c'est, déterminés, résolus et mobilisés que nous allons faire bouger toutes les lignes en faveur de la droiture, de la justice et de la paix ».

La déclaration a été signée par : MGC (parti de Mme Simone Gbagbo), GPS, ACI, PEC-CI, AIRD, COJEP, FIDHOP, MFA, Pour Objectif République, PIP, URD, FIDHOP, AIRD et RPP.

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