Diffusion de la CAN 2023 en bars et maquis : le PPA-CI dénonce des conditions floues
Lors de la 21ᵉ Tribune du PPA-CI, animée par Justin Koné Katinan jeudi dernier, le parti de Laurent Gbagbo a exprimé son vif désaccord face aux récentes règles de diffusion des matchs de la CAN 2023 dans les lieux publics.
Cette nouvelle directive, établie à moins d'un mois du début de l'événement, soulève des inquiétudes quant à sa praticabilité et sa pertinence, d'après le parti d'opposition. En effet, le Comité d'organisation de la CAN (COCAN) a spécifié mercredi que la diffusion des matchs de la CAN 2023 dans les maquis et restaurants nécessiterait une autorisation, face à la controverse enflant sur les réseaux sociaux.
Pour le parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, cette décision présente d'énormes défis pratiques. L'obtention d'une autorisation individuelle pour chaque établissement apparaît comme un obstacle logistique insurmontable, sachant qu'il existe plus de 43 000 maquis et restaurants à Abidjan seulement.
Le PPA-CI déplore également le manque de clarté concernant la procédure de demande d'autorisation, s'indigne de l'inaccessibilité des contacts téléphoniques fournis et s'interroge sur le sort des maquis et restaurants incapables d'obtenir cette autorisation. De plus, il met en évidence l'impact économique potentiel de cette décision sur le secteur des services, qui emploie déjà plus de 215 000 personnes, principalement des jeunes.
Selon le parti de Gbagbo, en interdisant la diffusion des matchs dans les maquis et restaurants incapables d'obtenir une autorisation, le gouvernement risque de marginaliser une part importante de l'économie, alors que l'année 2023 est censée être dédiée à la jeunesse.
Le parti juge aussi incohérent le recours à des sociétés étrangères pour les équipements audiovisuels, soulignant les coûts élevés de ces contrats (plus de 15 milliards de francs CFA), attribués sans appel d'offres.
La RTI critiquée pour sa couverture partielle des matchs
Il souligne également le contraste entre la couverture partielle des matchs par la RTI, la chaîne nationale, et la diffusion de certains matches par une chaîne privée non spécifiée, tandis qu'il est interdit aux pubs et maquis de les retransmettre sur grand écran.
Koné Katinan a conclu en déplorant que tout semble être arrangé pour que l'économie de la CAN soit contrôlée par une élite financière au détriment de l'économie nationale, alors même que tous les contribuables ivoiriens supportent le coût de son organisation.
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