Fabrice Sawegnon agressé à Paris: ce qui s’est réellement passé

«  agressé à  ». Une info révélée et grossie par la presse, une semaine après les faits. Dans quel but ? YECLO.com a mené l’enquête.

On le disait méconnaissable. Salement amoché. Totalement défiguré. Fabrice Sawegnon, patron de l’agence mal en point, après une agression à Paris. C’est le « scoop » qu’a tenté de vendre aux Ivoiriens un nouveau confrère, le weekend du 22 au 23 juin 2019.

Fabrice Sawegnon « méconnaissable », la rumeur enfle

Vérifiée ou pas, l’information a très vite fait le tour des réseaux sociaux et de tout au point d’inquiéter les proches du directeur général de Voodoo Communication, resté injoignable une bonne partie de la journée du samedi 22 juin.

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Fabrice Sawegnon en plein FaceTime, le 23 juin 2019 à Abidjan
Fabrice Sawegnon en plein FaceTime le 23 juin 2019 à Abidjan pour rassurer un proche après son agression à Paris.

Une dernière tentative auprès d’un autre membre de son cercle proche ne nous avancera pas dans notre enquête. « Les gens ne font que me call pour savoir ce qui se passe. C’est quoi ces conneries? » Traduction en français facile: « je n’en sais pas plus que vous » avant de nous rappeler quelques minutes plus tard, tout excité : « Fabio vient de poster une vidéo sur son Insta. Tout va bien. Votre info-là, c’est un fake. »

Mouais, pas rassurant tout ça. Ça ressemble plus à l’histoire du témoin qui n’a ni vu ni entendu, mais qui vous jure que son histoire est vraie parce qu’il la tient de son meilleur ami, qui lui même la tient de quelqu’un d’autre. 

RDV sur un court de tennis à Abidjan

Abidjan s’endort donc sans que personne ne nous confirme l’information du visage « méconnaissable de Fabrice Sawegnon ».

11h55 à Abidjan, ce dimanche 23 juin 2019. Le téléphone portable qui vibre et un message signé Fabrice Sawegnon qui s’affiche. Il se veut rassurant: « Je vais bien. Merci de vous inquiéter pour moi ». 

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Saint-Thomas, nous sommes devenus par la force des choses. Comment le croire? Nous sommes avec un de ses proches. Il lui demande de nous passer le téléphone. Nous échangeons quelques minutes. C’est vrai qu’il parle, qu’il rigole de toute cette affaire. Mais à quoi ressemble-t-il ? Est-il vraiment défiguré comme on le raconte.  Et puis, comment parler de ce que nous n’avons pas vu ?

« Ecoutez, j’ai tennis dans quelques minutes, si ça vous enchante de venir constater par vous-même comment je suis « défiguré », vous êtes le bienvenue. »

Fabrice Sawegnon à YECLO.com

Il semble prendre tout ça avec humour. Nous le prenons donc au mot. Nous voilà, une demi heure plus tard au lieu du rendez-vous, quelque part dans Abidjan. « Le patron n’est pas encore arrivé », nous annonce-t-on. Le voici quelques minutes plus tard qui distribue quelques « Bonjour, ça va ? » avant de se précipiter sur le court.

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Échauffements, services, coups droit, revers… Fabrice Sawegnon nous reçoit enfin entre deux sets pour nous relater l’agression dont il a été victime le vendredi 14 juin 2019 à Paris.

Fabrice Sawegnon « victime d’un vol à l’arraché » à Paris

Fabrice Sawegnon et les enfants du Tennis Academy » de la Fondation Voodoo, le 23 juin 2019 à Abidjan
Fabrice Sawegnon et les enfants du Tennis Academy » de la Fondation Voodoo, le 23 juin 2019 à Abidjan

Ce jour-là, le patron de Voodoo doit rencontrer une personnalité française pour affaires. Le rendez-vous est pris pour tard dans la soirée. Au moment de s’y rendre, Fabrice Sawegnon reçoit un appel. Il dévale les escaliers, le téléphone vissé à l’oreille. Et le voilà bientôt seul au bas de l’immeuble. « Ça a été mon erreur », nous confie-t-il. Le temps de réaliser ce qui se passe, il est encerclé par quatre jeunes dont le seul objectif est de le délester de sa montre. Il se défend comme il peut, réussissant même à saisir l’un d’entre eux. Mais, ses agresseurs, la vingtaine révolue, l’aveuglent avec une bombe lacrymogène et réussissent à prendre la fuite avec leur butin. 

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La police arrive immédiatement sur place pour les constats d’usage. Le patron de Voodoo se prête volontiers à leurs questions avant de poursuivre sa soirée comme si de rien n’était.

« J’ai juste été victime d’un vol à l’arraché comme de nombreux Parisiens ou touristes à Paris. Il y a plus de peur que de mal. Tout va bien. Merci à tous ceux qui se sont inquiétés pour moi. »

Un message qu’il ne cesse de répéter à tous ceux qui, depuis l’annonce de cette agression,  tentent de prendre de ses nouvelles.

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