Le PPA se prononce sur le système de santé ivoirien: « propagande autour d’un système sanitaire mourant »
Le PPA-CI par son porte-parole, Koné Katinan, a fait le 1er décembre 2022, une analyse sur le système de santé ivoirien dans sa gouvernance et la prestation des soins.
𝗔. 𝗣𝗥𝗢𝗣𝗔𝗚𝗔𝗡𝗗𝗘 𝗔𝗨𝗧𝗢𝗨𝗥 𝗗'𝗨𝗡 𝗦𝗬𝗦𝗧𝗘̀𝗠𝗘 𝗦𝗔𝗡𝗜𝗧𝗔𝗜𝗥𝗘 𝗠𝗢𝗨𝗥𝗔𝗡𝗧
Comme dans les autres domaines, le PM a exalté le système de santé de son régime. Or l'on a pour règle de juger un système de santé sur les piliers de l'OMS. Seul 1 de ces piliers qui sont au nombre de 6 fera l'objet de notre Tribune. Il s'agit du pilier 1 concernant l'organisation du système de santé dans sa gouvernance et la prestation des soins.
Le 1er ministre a vanté son gouvernement qui a construit de nouveaux centres de santé et en a rénové plusieurs centaines. Il a parlé de la pose de la 1ère pierre du 5ème Chu d'Abidjan à Abobo. Il a enfin parlé (comme si cela était une nouveauté en la matière) de la distribution de 10000 poches de sang en dix ans.
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1) Les infrastructures sanitaires:
la norme acceptée est de 1ESPC /10 000 habitants. Ce ratio est un indicateur pour apprécier la capacité d'un système de santé à offrir des soins de santé primaires aux populations. Les infrastructures constituent des moyens et non la finalité de la politique de santé. C'est à ce niveau que les statistiques du PM mises en rapport avec l'état de santé des populations soulève des interrogations. En effet malgré 3411 ESPC, soit 1,29 ESPC pour 10 000 habitants, le 1er ministre reconnait que la mortalité infanto-maternelle reste élevée en Côte d'Ivoire. Elle se situe autour de 650 décès/10000 accouchements, faisant de notre pays le 15ème pays Africain ayant le taux de mortalité maternelle. Ce taux place la Côte d'Ivoire derrière des pays comme le Burkina Faso, le Libéria, le Togo, le Soudan, la Gambie etc selon le Groupe inter-institution des Nations Unies pour l'estimation de la mortalité infantile (UN Inter-agency for Child Mortality Estimation).
L'espérance de vie en Côte d'Ivoire est parmi les plus faibles et évolue plus lentement que dans de nombreux pays africain. Selon le classement par l'OMS, notre pays est classé 49ème sur 55 pays africains largement derrière le Ghana (24ème), le Togo (39ème), le Burkina Faso (37ème), le Sénégal (12ème). A titre comparatif, la lutte engagée par le Président Laurent GBAGBO contre le SIDA a fait chuter le taux séroprévalence de 12% en 2000 à 3,5% en 2011 malgré le désordre sanitaire provoqué par la rébellion du fait du déplacement des populations des zones occupées par la rébellion vers le SUD. C'est pourquoi, sans négliger l'importances des infrastructures sanitaires sur l'état de santé des populations, la politique qui sous-tend ces infrastructures reste déterminante pour atteindre les objectifs majeurs. Or c'est essentiellement cette politique cohérente qui manque aux initiatives du gouvernement ivoirien.
En effet, les infrastructures sont construites sans tenir compte des concentrations démographiques. Les infrastructures sont construites au nord et à l'ouest alors que le personnel de santé est regroupé au sud et à l'est. Par ailleurs les infrastructures construites avant les indépendances (Chu Treichville, INHP, Raoul Follereau), ou ceux construits dans les années 1970-1990 (Chu Cocody, Chu Yop, hôpitaux généraux), toutes sont obsolètes mal entretenues.
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La privatisation tous azimuts des services d'entretien a contribué à aggraver la détérioration de ces infrastructures. L'Etat ayant du mal à honorer ses engagements vis-à-vis des prestataires l'entretien des locaux en pâti de sorte que l'on est en droit de s'interroger sur la pertinence des nouvelles infrastructures comme un 5ème CHU à Abobo
2) Concernant la pose de la 1ère pose du 5ème Chu d'Abobo.
On doit se demander quelle est la pertinence de cette pose quand on sait que:
– l'accessibilité géographique des centres de santé est difficile pour 68% des populations habitant à 5km en moyenne des centres de santé.
– lorsque les centres sont fréquentés, le taux d'occupation moyen des lits tous centres confondus, varie autour de 44,5% parce que la pauvreté endémique de la majorité des populations les coupe de l'accès aux soins publics qui sont payants.
-le plateau technique est souvent absent s'il n'est pas défaillant. En effet on a 1 bloc opératoire pour 218 624 habitants (63,71% des districts sanitaires). 1 laboratoire d'analyse pour 110 684 habitants (91% des districts sanitaires). 1 service de radio pour 339 148 habitants. 1 ambulance médicale pour 3,3 établissements
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-des districts comme korhogo 2, Kouassi kouassikro, Doropo, Transua, Tehini, Botro n'ont ni bloc opératoire, ni section d'imagerie, ni laboratoire de biologie.
Les équipements nécessaires à la prise en charge efficiente des malades fait défaut dans les structures sanitaires. Par exemple, il n'existe aucun scanner dans les établissements publics de santé dans aucune région sanitaire en dehors d'Abidjan. Pour les diagnostics de pointe, tous les malades sont dirigés vers soit les structures privées dont les prestations sont hors de portée des populations, soit vers Abidjan. Dans ces conditions, pourquoi le gouvernement veut installer un 5ème CHU à Abobo alors que les précédents sont désuets ?
La réponse à cette question se trouve dans l'un des traits caractéristiques de la politique du régime du RHDP. L'efficience et l'efficacité de sa politique ne sont ses priorités. Il faut que ses amis, qui viennent de l'extérieur applaudissent les réalisations du régime. Or ces amis ne vont jamais au-delà d'Abidjan. Donc investir dans des infrastructures sociales à l'intérieur du pays, même lorsque celles-ci sont nécessaires n'intéresse pas le régime RHDP.
Il y a également cette volonté affichée de présenter la Côte d'Ivoire comme datant seulement de 2011. Tout ce qui a été fait par les prédécesseurs, y compris par Houphouët dont il se réclame pourtant disciple, doit passer sous silence afin d'exalter les seuls travaux faits par le régime actuel. C'est dans cette logique qu'il faut comprendre l'abandon du lycée scientifique de Yamoussoukro au profit du nouveau lycée d'excellence de Grand-Bassam. C'est également ce qui explique la mort lente de l'INPHB de Yamoussoukro. C'est également cette tendance à tout ramener à eux seuls qui explique l'abandon des travaux de transferts de la capitale à Yamoussoukro. Entre l'efficacité et la propagande, le régime RHDP a opté pour la dernière.
Donc pour le PPA-CI , la construction de Chus et/ou de pôles de spécialités tout « azimut » et concentrés sur le seul district d'Abidjan pour créer un « hub » de tourisme médical, n'est pas une priorité.
Si nous n'arrivons pas à maîtriser les taux des décès dans nos urgences (11% en chirurgie, 22% en médecine et 9% en pédiatrie au chu de Treichville en 2018-2019), à freiner la mortalité materno-infantile, ou encore à élever l'espérance de vie à travers la recherche qui n'existe pas dans le domaine de la santé à quoi sert-il alors de faire « des effets d'annonce » en multipliant les centres spécialisés?
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2) Enfin il a parlé de la distribution de 10 000 poches de sang (comme si c'était une première) en accusant le personnel de santé d'en monnayer la distribution.
Le PPA-CI se plaît à rappeler au 1er ministre qu'avant la privatisation des services sociaux de base opérée en Côte d'Ivoire en 1989, le sang gracieusement mis à la disposition des population comme d'ailleurs la plupart des médicaments. En outre on peut rappeler les différents scandales de corruption qui ont éclaboussé la direction de la PSP en 2019-2020 sous la gestion du RHDP, qui ont abouti entre autre à la mise en place de la NPSP.