Législatives 2025 : deux élections annulées en Côte d’Ivoire
Sur 61 recours examinés, le Conseil constitutionnel en Côte d'Ivoire a invalidé les législatives 2025 de Toumodi et Dualla. Le point sur le contentieux électoral.
Le verdict est tombé. Alors que la tension politique retombait à peine après le scrutin du 27 décembre, le Conseil constitutionnel a rendu ses arbitrages définitifs concernant les législatives 2025. Sur la table des juges électoraux, une pile conséquente de dossiers : au total, 61 requêtes ont été enregistrées pour contester la régularité du vote dans diverses localités du pays.
Candidats indépendants, cadres du RHDP ou figures de l'opposition : tous espéraient faire basculer le siège parlementaire en leur faveur. Au final, l'institution a rendu 53 décisions, regroupant certaines procédures pour une meilleure administration de la justice. Si la grande majorité des résultats provisoires est confirmée, la juridiction a tout de même sorti le carton rouge pour deux circonscriptions spécifiques.
Toumodi et Dualla retournent aux urnes
C'est le fait marquant de cette séquence judiciaire. À Toumodi (circonscription n° 021), le recours porté notamment par Raymonde Goudou Coffie a fait mouche. Après analyse des irrégularités dénoncées, le Conseil a tranché net : « Le scrutin est invalidé dans la circonscription électorale et doit être repris ». Les compteurs sont donc remis à zéro dans cette commune clé.
Même son de cloche du côté de la circonscription n° 204, regroupant Dualla et Massala. Là encore, suite à la requête d'un candidat indépendant, la justice a estimé que les conditions n'étaient pas réunies pour valider le vote. La décision indique clairement que l'élection « doit être repris ». Ces deux annulations obligent la Commission Électorale Indépendante (CEI) à réorganiser le vote dans ces localités prochainement.
La douche froide pour les autres candidats
Pour le reste des plaignants de ces législatives 2025, l'espoir s'est envolé. De Yopougon à Bangolo, les tentatives pour faire annuler les résultats ont échoué. Que ce soit pour des accusations de fraudes ou des contestations de résultats comme celle de Thierry Tailly à Zarabaon, la justice a estimé les preuves insuffisantes.
Dans la quasi-totalité des autres cas, de Port-Bouët à Daloa, la sentence est identique : si la requête est jugée « recevable » sur la forme, le Conseil la déclare systématiquement « mal fondée et la rejette » sur le fond. La page du contentieux est désormais tournée pour la majorité de l'Assemblée nationale.