Situation totalement ubuesque en Côte d’Ivoire : « un groupe parlementaire ne peut pas demander la levée de l’immunité de députés »

L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a voté le 20 janvier 2020 la levée de l’immunité parlementaire de Guillaume Soro et de 5 députés pro-Soro, en prison.


L’Assemblée nationale ivoirienne, où le pouvoir dispose d’une majorité absolue, a annoncé mardi 21 janvier 2020 avoir voté la levée de l’immunité parlementaire de cinq députés pro-Soro, arrêtés après le retour avorté le 23 décembre 2019 de l’ex-chef rebelle Guillaume Soro, dont l’immunité a également été levée.

« L’immunité parlementaire des députés est levée suite à un vote au scrutin secret des membres du bureau de l’Assemblée nationale », selon le texte daté de lundi 20 janvier 2020.

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La levée d’immunité de Loukimane Camara, Kando Soumahoro, Alain Lobognon, Mamadou Soro, Soumaila Yao ainsi que de Guillaume Soro, a été votée après « une requête du groupe RHDP » (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix), coalition soutenant le président Alassane Ouattara, précise le communiqué.

La justice ivoirienne accuse l’ex-Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale d’avoir préparé « une insurrection civile et militaire » pour s’emparer du pouvoir. Guillaume Soro avait appris le 23 décembre 2019 qu’un mandat d’arrêt avait été lancé à son encontre alors qu’il était dans un vol le ramenant en Côte d’Ivoire, après six mois d’absence à l’étranger. Il avait alors fait demi-tour tandis que les forces de l’ordre avaient arrêté certains de ses proches, dont les cinq députés.

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« C’est une situation totalement ubuesque. On baigne dans le non-droit, dans les vices de procédure. Un groupe parlementaire ne peut pas demander la levée de l’immunité de députés, et encore plus le bureau de l’Assemblée ne peut pas statuer sur la levée de l’immunité », a réagi Louis Ouattara, un proche de Guillaume Soro.

Longtemps allié d’Alassane Ouattara, qu’il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s’est ensuite brouillé avec lui, jusqu’à la rupture début 2019.

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Jusqu’à cette affaire, Guillaume Soro était considéré comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques, qui le disent populaire, notamment auprès de la jeunesse.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait 3 000 morts, la prochaine présidentielle s’annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

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