Mort accidentelle ou assassinat chez Méambly ? Tout savoir sur l’affaire Brice Siesson

Dans l'affaire Brice Siesson, la justice doit entendre le député Evariste Méambly
à la morgue, avec plusieurs traces de blessures

Mort accidentelle ou assassinat : tout savoir sur le mystère de Brice Siesson Téhé tué chez . Tout savoir sur cette affaire qui n’est qu’à son début et pour laquelle la justice refuse curieusement de se saisir.

Brice Siesson Téhé, 28 ans, n’aura plus le temps de faire la formation après son admission au concours d’entrée à l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer (ARSTM). La mort l’a surpris et fauché, pendant qu’il se trouvait, selon la famille, en compagnie de Evariste Méambly, député indépendant de Facobly.

C’est le jeudi 22 février dernier que l’enfant est parti de la maison familiale, pour se rendre chez le président du Conseil régional du Guémon. «Et c’est seulement le lundi 22 février, que nous sommes informés de la mort de Brice, dont une délégation du député nous a montré le corps, le mardi 23 février. La délégation conduite par le vice-président du Conseil régional, Séri Gnanagbé, nous a donné rendez-vous à l’Ivosep du Chu de Yopougon », selon Léon Téhé, père de l’enfant.

« La même délégation a pris rendez-vous, le mardi suivant, pour montrer le corps du jeune homme aux parents »

« Nous avons découvert sur le corps de l’enfant qu’il a été opéré de la poitrine au nombril, qu’il portait trois points de bandage et qu’il avait été déposé à la morgue par la clinique Farat et frères », précise la mère, aide-soignante dans le même Chu de Yopougon. Qui ajoute : «Les deux fois que nous avons demandé aux émissaires du député le lundi et mardi, ils ont refusé de nous dire les circonstances de la mort de Brice. Ils nous ont promis que le député lui-même le ferait, le samedi 3 mars, à 10 h. Mais le député qui a donné rendez-vous pour nous informer sur les circonstances de la mort de l’enfant, n’est pas venu. il dit craindre des représailles de la part des amis du quartier de Brice. En revanche, il nous a demandé de nous retrouver au camp Agban, chez l’oncle de l’enfant. Nous avons refusé, mais des membres de notre famille ont rencontré une délégation du député. Ils rapportent que Méambly a accepté et assumer la responsabilité de la mort de l’enfant. Il dit que c’est son garde du corps qui a tué mon enfant et qu’il aurait fait mettre celui-ci en prison. Il demande pardon et qu’il faut qu’on enterre l’enfant ensemble avant de parler », nous a raconté la mère de la victime.

Par ailleurs, la clinique Frarat qui a déposé le corps à la morgue du Chu de Yopougon a adressé une note correspondant à la facture du séjour. «C’est un comptable qui dit vouloir recouvrer les frais de soins de Brice. Mais je n’ai jamais déposé mon enfant dans une clinique», dit la mère.

Reconstitution des faits

Une reconstitution des faits permettrait de comprendre l’affaire. Pour comprendre ce qui arrive, il convient de remonter au mardi 20 ou mercredi 21 février 2018. quand le député et président du Conseil régional du Guémon, Evariste Méambly, appelle son «bon petit», pour lui demander de l’accompagner au village où il doit procéder à l’installation d’un chef.

Le voyage doit avoir lieu le jeudi 22 février, et c’est ce jour-là, que Brice Siesson rejoint l’élu. « Le jeune homme avait initialement un projet de voyage avec sa mère, mais a préféré partir avec le député en promettant de prendre contact avec sa mère une fois là-bas », révèle le père de l’enfant. Plusieurs cousins et amis confirment que «Brico s’est effectivement rendu chez le député».

L’un des amis du défunt, un couturier soutient : «Brico m’a appelé le même jeudi à 9h pour m’informer qu’ils allaient démarrer à 11 h 30». Et c’est la dernière fois qu’on aura entendu parler du jeune homme. Vendredi 23 février, sa maman avec qui il avait promis de prendre contact une fois au village attend en vain de ses nouvelles. «Je l’ai appelé à maintes reprises, mais son téléphone ne prenait pas», confirme sa mère.

Jusqu’au lundi 26 février, toute la famille inquiète ne savait plus «où donner de la tête». Son père en poste à Korhogo, informé, décide de se rendre à Abidjan. Ce lundi justement, sa mère passe plusieurs coups de fil, en vain, jusqu’au moment où elle reçoit à son lieu de travail, un neveu, commerçant de son état, qui a reçu un coup de fil du village, qui l’informe que «Brice serait mort». Pour vérifier l’affaire, il appelle un cadre de la région un, avocat.

Brice Siesson, une mort suspecte

Celui-ci lui promet de lui revenir, le temps de passer des coups de fil. «A l’hôpital où je me suis rendu, j’ai trouvé ma tante, la mère de Brice dans un état intenable. J’ai décidé qu’on vienne à la maison pour chercher à nous informer ensemble. J’étais avec elle dans le taxi, quand l’avocat m’a rappelé pour confirmer la mort de Brice», indique M.A.

«Je ne savais que faire, comment annoncer la triste nouvelle à ma tante. J’ai attendu que ces voisins arrivent avant de l’informer. Quand je lui ai parlé, elle s’est évanouie. On l’a ranimée », raconte le cousin de Brice. C’est donc seulement le lundi 26 février que la mère et le père de Brice sont informés «comme par hasard », à partir du village, que leur enfant parti depuis le jeudi 22 février, a trouvé la mort le lundi 26 février chez Méambly.

Ce même lundi, une délégation de Méambly, constituée de certains de ses proches et dirigée par le vice-président du Conseil régional du Guémon, Séri Gnanangbé, qui est venue au domicile de la mère de Brice, à la cité Sako, le lundi 26 février, à 23 heures, soit 5 jours après, pour lui annoncer que son «enfant est mort». La même délégation a pris rendez-vous, le mardi suivant, pour montrer le corps du jeune homme aux parents (à la mère, au père et à leurs frères et sœurs), à l’Ivosep du Chu de Yopougon.

Le père et la mère de Brice, au Chu de Yopougon et plusieurs parents ont vu le corps de Brice, le mardi 27 février à la morgue du Chu de Yopougon. Le corps dont la photo a été (hélas !) publiée sur les réseaux sociaux porte plusieurs bandages. La mère de Brice atteste que «l’enfant a été opéré de la poitrine au nombril ». Ce même lundi, les parents, en dépit de leur détermination, ne parviennent pas à obtenir les circonstances de la mort de Brice.

«Les émissaires de Méambly sont venus nous voir lundi 26 et mardi 27 février, alors que l’enfant est parti avec le député depuis le 22 février. Chaque fois que nous avons demandé à savoir les circonstances de la mort de l’enfant, ils nous ont ramené à ‘’qui de droit’’. Ils nous ont dit que c’est le député lui-même qui allait nous annoncer les circonstances de la mort. La rencontre n’a pas eu lieu».

La Voie Originale a pu avoir un contact téléphonique avec le député indépendant. Il est rentré dans une grosse colère et nous a demandé d’écrire. Quant à la clinique Farat que nous avons jointe pour savoir qui a opéré l’enfant et s’il y est mort, la responsable des ressources humaines, Mme Koua, s’est contentée de prendre nos contacts en promettant de les «remettre à qui de droit». Aucun retour jusque-là.

Brice Siesson : pourquoi et comment ?

C’est vrai, par «responsabilité», Evariste Méambly, président du Conseil régional du Guémon, a accepté d’assumer l’assassinat de Brice Siesson. Il fait savoir que c’est son garde du corps qui a tué l’enfant. Mais l’affaire renferme encore beaucoup de mystères. C’est le 22 février que Brice s’est rendu chez le député indépendant.

Mais seulement le 26 février que les parents apprennent que leur fils est mort, «tué», selon le député, par son garde du corps. Pourquoi, comment et où ? Les parents ignorent tout sur les circonstances de la mort de l’enfant. Mais la question qui l’emporte sur toutes les autres, c’est pourquoi les parents de l’enfant ne sont pas informés immédiatement et n’apprennent l’information de la mort de Brice que par «hasard » ?

Pourquoi le député n’est-il pas venu ce samedi 3 février comme il l’a promis lui-même, au domicile des parents pour leur dire ce qui s’est vraiment passé ? Le président du Conseil régional peut avoir raison de craindre des représailles de la part des amis de quartier de Brice. Mais pourquoi n’est-il pas venu lui-même parler avec les parents de l’enfant ? Concernant le corps, pourquoi porte-t-il des plaies d’opération ?

Par ailleurs le député indépendant, officier de police judiciaire en tant que responsable d’une collectivité décentralisée a-t-il saisi la police ? En tout cas, le mystère du jeune homme Brice Sesson «tué» chez Méambly reste entier. Peut-être qu’il sera élucidé avec la plainte dont le père compte saisir la justice.

Méambly, une jeune autorité qui fait peur

Depuis l’officialisation de la mort par balles de Brice Siesson au domicile du député Evariste Méambly, une peur panique s’est emparée des ressortissants de Facobly. Contactés pour nous conduire chez les parents de la victime, de nombreux cadres de l’Ouest, qui nous avaient pourtant donné les premières informations, se sont débinés : «Si Méambly apprend que c’est moi qui ai conduit les journalistes chez les parents du jeune tué, ma vie est en danger !», nous a-t-on dit de façon récurrente. Finalement, ‘’un accord secret’’ a été passé avec un cadre ‘’courageux’’ qui a conduit l’équipe de la Voie Originale et a indiqué de loin le domicile de Dame Cécile Siesson, mère de la victime.

Selon les propos entendus, Brice Siesson ne serait pas le premier jeune homme tué par balles autour de Méambly. L’on signale vaguement un précédent meurtre de ce genre, il y a quelques années. A l’époque, cette mort par balles aurait été présentée comme la conséquence d’un braquage. Et l’affaire aurait été étouffée. Mais l’on se souvient, avec exactitude, des frasques du député Méambly qui auraient pu déboucher sur une mort pareille, le vendredi 4 août 2017. Ce jour-là, Evariste Méambly, en campagne pour «une loi d’amnistie générale au profit des prisonniers politiques de la crise postélectorale», a fait mettre nu, séquestrer et battre, dans son enclos de moutons à Facobly, un de ses propres ‘’frères’’ de Facobly. La victime, Placide Toyé dit John Erer, militant du FPI, avait déchiré ses affiches publicitaires.

Rentré de La Haye où il avait été reçu par le président Laurent Gbagbo, le député avait réalisé et affiché des posters géants avec un montage photos où il apparaît entre Laurent Gbagbo et Blé Goudé, les deux doigts du ‘’V’’, symbole du FPI, levés. Cette exploitation de l’image de Laurent Gbagbo, par une personne clivante, qui avait rejoint les jeunes patriotes, entre 2002 et 2011, pour retourner au PDCI, en 2012, avant de se porter indépendant en 2016, a été prise par les militants FPI de Facobly comme une arnaque, car le député n’est pas militant FPI. Cela ne donne pas le droit de déchirer ses affiches. Mais de son côté, Méambly, l’autorité qui doit donner l’exemple, n’a pas jugé nécessaire de porter plainte pour ses affiches décollées.

Il s’est fait sauvagement justice. Ici aussi, selon nos informations, les plaintes portées contre le député pour enlèvement, séquestration et tortures n’ont jusqu’ici rien donné. D’où cette peur panique qui s’est emparée des cadres de l’Ouest suite à la mise à mort par balles de Brice Siesson.

Voici la réaction du camp Méambly

Avant son départ pour sa tournée dans le Guemon , Le président du conseil régional, Evariste Mémably a pris le soin de déposer une plainte contre les marins à la gendarmerie nationale parce qu’il ne reconnaissait pas la présence de ces derniers dans son escorte y compris le Jeune Brice décédé, ni parmi les 67 travailleurs comme collaborateurs dont la liste peut être vérifiée auprès du Conseil régional du Guemon,et aussi savoir qui les a infiltrés dans sa garde rapprochée , élucider les circonstances de l’accident, situer les responsabilités et traiter cette affaire avec la plus grande rigueur et la plus grande célérité

Elvire Ahonon avec La Voie Originale et Le Mentor

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