« C’est Laurent Gbagbo qui regardait le dos des nageurs. Ouattara lui, te prend dès que tu achètes le maillot de bain »

Assalé Tiémoko critique la naïveté des politiques ivoiriens opposants au RHDP d’Alassane Ouattara. « L’émotion n’a pas sa place en politique », écrit-il.

« La chance, en politique, c’est le génie », disait Machiavel.
Soit on accepte une chose, soit on la refuse. Quel que soit le choix qu’on fait, ce qui compte véritablement, c’est d’avoir la stratégie qui va avec, c’est d’avoir un plan B, un plan C, etc.
L’ émotion n’a pas sa place en politique, seuls comptent la stratégie, le réalisme et le pragmatisme.

En 2016, j’ai perdu l’élection législative, dans les faits, de seulement 16 voix. Je suis arrivé en 2e position. Mon erreur a été de croire que mes adversaires avaient les même valeurs démocratiques que moi et qu’ils joueraient franc-jeu jusqu’à la fin. Ce fut une erreur fatale.

LIRE AUSSI : Gbagbo disqualification pour 2020, voici le plan « B » du FPI pour la présidentielle

Depuis, je suis sorti de l’angélisme, du discours improductif. J’ai tiré les leçons, j’ai affiné ma stratégie, me suis installé dans le pragmatisme et le réalisme en ayant toujours un plan B, un plan C. Résultat, aux municipales d’octobre 2018, devant 6 adversaires, y compris celui du RHDP (le maire sortant soutenu sur le terrain par trois ministres), celui du PDCI, parti qui, depuis les indépendances, avait toujours gagné toutes les élections locales à Tiassalé, je suis sorti vainqueur avec plus de 1400 voix de différence sur le candidat arrivé en 2e position, le maire sortant.

Mon équipe et moi, avions analysé froidement les comportements des uns et des autres sur le terrain, et, on s’est rendu compte que tous étaient installés dans les vieilles pratiques électorales. Nous avons réfléchi à comment contrer cette façon de faire et nous y sommes arrivés. Les gens n’ont rien compris.

Le monde politique est un monde impitoyable où rien n’est rationnel, où tout est calculs, où on se fait des accolades, où on se fait des bises, en ayant des couteaux dans les poches.
Un gouvernement au pouvoir est toujours un gouvernement intéressé. Et, sous nos tropiques où les institutions de la République sont très fragiles et s’incarnent dans des individus qui très souvent n’ont pas d’esprit démocratique, c’est faire preuve d’une éclatante naïveté que de penser que la passe viendra du parti au pouvoir pour se faire planter un but.

LIRE AUSSI : Grave dérive tribale à San Pedro : Traité d’étranger par des RDR pro-Nabo, Anoblé critique l’entourage « dioula » de son adversaire

On peut crier à la dictature, visiter tous les mots de ce genre dans le dictionnaire, mais une fois qu’on a fini de les égrener, ce que les militants attendent du leader, c’est: « Qu’est ce qu’on fait ? On boycotte ou on y va et comment on y va, avec quels moyens et quels sont les objectifs fixés dès le départ à atteindre ? »
Je voudrais, pour finir cette petite réflexion, prendre à mon compte ce commentaire que j’ai lu sous une publication, que son auteur me pardonne si je ne cite pas son nom, je ne me le rappelle plus.
« C’est Laurent Gbagbo qui regardait le dos des nageurs. Ouattara lui, te prend dès que tu achètes le maillot de bain ».
Tout est dit…

Personnalités liées avec l’article