« Ouattara est devenu aphone sur son projet phare d’une Côte d’Ivoire émergente en 2020 »

Message du Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan Pascal, le mardi 31 décembre 2019 à l’occasion du nouvel An 2020.

Mes chers compatriotes.

À l’orée de l’année 2020, au nom du Front Populaire Ivoirien et en mon nom personnel, je voudrais sacrifier à l’une des traditions qui unissent encore les hommes et les femmes à travers le monde ; à savoir celle des vœux de nouvel an.

Comme il est de coutume à la fin d’un cycle et à l’avènement d’un autre, c’est le moment indiqué pour nous de jeter un regard rétrospectif sur les douze mois écoulés et de formuler des vœux à l’occasion du nouvel an 2020.

Au plan international, 2019 a été une année pleine de bouleversements et d’événements dont les plus marquants sont : les vagues de manifestations à Hong-Kong, en Irak, en Algérie etc ; la procédure de destitution du Président américain Donald Trump ; l’abandon des Kurdes par les Américains en Syrie ; le tournant nationaliste en Inde ; le sommet de la COP25 sur le climat qui s’est tenu à Madrid, en Espagne, avec un bilan mitigé ; les tensions dans le Golfe persique ; les migrations d’Amérique du Sud vers le Nord ; les migrations d’Afrique subsaharienne vers l’Europe ; la guerre commerciale États-Unis/Chine le dossier du Brexit ; les sommets intercoréens sur le nucléaire.

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Malgré la mobilisation internationale et la mise en place d’un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité dénommé G5 Sahel en février 2014, les attaques terroristes en Afrique subsaharienne persistent. L’année 2019 a été particulièrement éprouvante pour les pays de la zone sahélo saharienne. Pour marquer notre soutien et notre solidarité à l’endroit de ces pays, j’ai conduit une délégation du Front Populaire Ivoirien, auprès de l’ambassadeur du Burkina Faso en Côte d’Ivoire le 10 décembre 2019.

A ces évènements, il convient d’ajouter l’accord sur la réforme du franc CFA paraphé par les Présidents français et Ivoirien le 21 décembre 2019. Cette réforme qui consacre la mort du Franc CFA révèle la capacité des Etats africains à prendre leur destin en main en toute responsabilité.

Tous ces événements sont caractéristiques d’un monde en mutation et à la recherche d’un équilibre fondé sur la multipolarité. Toutes choses qui complexifient la gouvernance internationale et ouvrent des perspectives aux Etats africains notamment.

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Au plan national, il ne nous échappe pas qu’à quelques heures de la fin de l’année 2019, le Président Alassane Ouattara est devenu aphone sur son projet phare d’une Côte d’Ivoire émergente en 2020. Au lieu de cela, le constat est que depuis presqu’une décennie, les années passent et se ressemblent. Le sentiment d’une société à double vitesse est incontestable, avec d’un côté la classe dirigeante et de l’autre l’immense majorité des populations.

Tout se passe comme s’il y avait deux Côte d’Ivoire qui se côtoient sans se mêler et sans se connaitre véritablement. C’est donc sans surprise que le discours des élites et en particulier celui du Président de la République ne convainc pas et ne rassure personne en Côte d’Ivoire, à l’exception bien entendu de ses proches. La réalité c’est que le fossé continue de se creuser entre les pauvres, c’est-à-dire l’immense majorité des Ivoiriens, et les membres de la coalition au pouvoir.

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Manifestement, les populations les plus défavorisées ne goutent pas aux fruits de la croissance tant célébrée. Plus de 75 % des travailleurs dans notre pays occupent des emplois précaires ou vulnérables. Malgré une production cacaoyère de plus de deux millions de tonnes par an, les conditions de vie des producteurs sont déplorables. Selon la Banque Mondiale 54,9 % d’entre eux vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Les producteurs des autres cultures de rente (café, anacarde, hévéa, palmier à huile, etc.) sont logés à la même enseigne.

En 2019, de nombreux compatriotes ont continué à subir la politique antisociale du gouvernement, notamment à travers les déguerpissements sauvages des populations. Par ailleurs, les hôpitaux publics sous équipés et désorganisés sont de véritables mouroirs, sans que les autorités ne s’en émeuvent. De même, l’indiscipline, le désordre et les multiples charges qui pèsent sur les parents d’élèves ont contribué à sinistrer davantage le secteur de l’éducation/formation.

Dans cette grisaille, je retiens un fait historique important : l’acquittement par la CPI du Président Laurent Gbagbo et du Ministre Charles Blé Goudé en début d’année 2019. Leur maintien hors de la Côte d’Ivoire, malgré cet acquittement, achève de convaincre de la complexité de leur dossier, mais aussi du cynisme de tous ceux qui tirent les ficelles et profitent de cette situation. En ce qui nous concerne, nous demeurons confiants en leur retour très prochain en Côte d’Ivoire.

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Enivré par le pouvoir, le régime RHDP n’a pas conscience du degré de pourrissement qui a atteint le sommet du système. En effet, le triumvirat à la tête de la Côte d’Ivoire depuis 2011 est entré en guerre contre lui-même après avoir embastillé l’opposition démocratique. Nous assistons, médusés, à une fin de règne dans la confusion. Par leurs agissements, les alliés d’hier exposent à nouveau notre pays au désordre et à l’incertitude. La Côte d’Ivoire mérite mieux et doit tirer les enseignements de plusieurs années de crises avec leur cortège de désolation et de fracture sociale.

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