PDCI : la démission de Guikahué révèle des fractures internes
L'annonce de la démission de Maurice Kakou Guikahué de son poste de conseiller politique de Thiam le 15 mai 2025 présente des dysfonctionnements dans la chaîne de décision et les mécanismes de gouvernance au PDCI.
La démission de Maurice Kakou Guikahué de son poste stratégique au PDCI ébranle l'un des plus anciens partis politiques ivoiriens. L'ancien secrétaire exécutif en chef, figure historique du parti, a rendu publique sa décision dans un communiqué daté du 15 mai 2025, jour de son retour au pays.
Cette rupture intervient dans un contexte particulier pour le parti dirigé par Tidjane Thiam. Le PDCI, formation d'opposition majeure en Côte d'Ivoire, traverse une période de restructuration qui semble s'accompagner de tensions internes que cette démission vient confirmer.
Une nomination récente suivie d'une démission rapide
La courte durée de la collaboration entre Maurice Kakou Guikahué et la nouvelle direction du PDCI interpelle. Nommé conseiller politique le 17 janvier 2025, il n'aura occupé cette fonction que pendant quatre mois. Dans son communiqué, il rappelle le cadre initial de sa nomination : « Dans les échanges avec le président du parti qui ont précédé ma nomination, nous avions mis l'accent sur la création de la confiance pour le rayonnement du parti ».
Cette confiance semble s'être rapidement érodée, conduisant à une rupture officialisée dès son retour au pays. « De retour au pays ce 15 mai 2025, j'ai présenté ma démission de mon poste de conseiller politique au président du PDCI-RDA », indique-t-il, marquant ainsi la fin d'une collaboration qui n'aura pas résisté à l'épreuve du temps.
Un système de prise de décision contesté
Le communiqué de Maurice Kakou Guikahué pointe explicitement des problèmes structurels dans le fonctionnement actuel du PDCI. L'ancien conseiller politique dénonce notamment un mode de gouvernance qui le maintient à l'écart des décisions importantes : « Des décisions majeures sont régulièrement prises au sein du Parti sans que je ne sois associé, consulté, ou informé ; des décisions que je découvre dans la presse comme tout militant de base ».
La tenue récente d'un congrès extraordinaire cristallise particulièrement ses critiques. « Mon cursus politique et l'enseignement reçu au PDCI ne me permettent pas de m'accommoder avec les méthodes actuelles de gouvernance telle que la tenue du 9ème Congrès extraordinaire du 14 mai 2025, sans président ni bureau du Congrès », souligne-t-il, remettant ainsi en question la conformité de certaines procédures avec les traditions et statuts du parti.
Des questionnements sur la cohésion interne
Cette démission soulève des interrogations sur la cohésion au sein de la formation politique. Maurice Kakou Guikahué évoque notamment « la démission du président du parti » comme exemple de décision dont il aurait été tenu à l'écart, suggérant ainsi l'existence d'autres mouvements internes significatifs dont l'information circulerait de manière restreinte.
Pour un parti en position d'opposition qui cherche à se restructurer, ces tensions internes posent la question de sa capacité à présenter un front uni face au pouvoir en place. Maurice Kakou Guikahué rappelle son parcours au sein de l'organisation : « Au cours de mon parcours politique, j'ai toujours assuré les missions qui m'ont été confiées avec loyauté et fidélité ; sans hypocrisie ni louvoiement », insistant ainsi sur des valeurs qu'il estime aujourd'hui menacées.
Si Maurice Kakou Guikahué rompt avec la direction actuelle, il prend soin de réaffirmer son attachement à la formation politique. « Je demeure un militant convaincu du PDCI et participerai, comme je l'ai toujours fait, aux combats pour sa survie ; le PDCI étant l'âme de la Côte d'Ivoire », précise-t-il en conclusion de son communiqué.
Cette position laisse entrevoir la possibilité d'une reconfiguration des forces internes au sein du parti plutôt qu'un départ définitif. L'histoire récente de la politique ivoirienne montre que ces moments de tension peuvent conduire à des repositionnements stratégiques dont les effets se manifestent généralement lors des échéances électorales suivantes.
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