Procès en appel des proches de Soro : le commandant Kassé, en sanglots, demande pardon à ses éléments pour les avoir induits en erreur
Le commandant Kassé était le mardi 7 février 2023, à la barre dans le procès en appel des douze proches de Guillaume Soro. Récit de Mamadou Traoré.
Lors de son passage aujourd'hui devant le juge ,le commandant Kasse Jean Baptiste, le chef de la sécurité de Guillaume Soro, a disculpé les éléments de la sécurité dont il était le chef.
Il a dit au juge que c'est lui et lui seul, sans ordre de qui que ce soit, qui a décidé de donner ordre à ses éléments d'exécuter une mission qu'il leur a confiée.
Cette mission consistait à jeter des armes dans la lagune afin de les détruire.
Ses éléments, en tant que soldats, n'ont fait qu'executer les ordres qu'il leur a donnés.
S'il y a faute,cette faute lui est imputable à lui et à lui seul.
Par conséquent, il préfère assumer seul cette faute .
C'est pourquoi il demande au juge de procéder à la libération de ses éléments et de mettre sur son dos l'ensemble de leur peine. Ils sont six éléments qui ont écopé de 20 ans de prison par sa faute.
Il demande au juge de lui donner l'ensemble de ces 20 ans de prison.
Cependant le commandant Kasse Jean Baptiste affirme qu'en agissant ainsi, il n'avait aucunement pour projet de faire un coup d'État.
Dans l'immédiat, l'idée qui lui est passé par la tête c'était d'éviter que des personnes étrangères se saisissent de ces armes pour les utiliser. Surtout que ce jour là, les policiers et les gendarmes étaient là pour disperser la foule et pour casser les bureaux.
Or les armes en question étaient dans son bureau.
Il ne pouvait pas non plus mettre ces armes à la disposition de l'armée parce que ce ne sont pas des armes répertoriées dans l'armée.
Ces armes sont celles acquises pendant la crise post-electorale.
Et selon lui,c'est le Général Vagongo qui les aurait remises à la sécurité de Guillaume Soro.
Si ces armes avaient été saisies par l'armée régulière, cela aurait été encore plus compliqué.
C'est pourquoi, dans la panique, il a pensé à les faire disparaître et détruire pour ne pas laisser de traces.
Aucunement, il n'avait l'intention de faire un coup d'État. Il n'a pas non plus reçu ordre pour le faire.
Si c'est une faute qu'il a commise il voudrait être le seul responsable de cette faute.
Il ne faudrait donc pas impliquer quelqu'un dans la faute qu'il a commise.
Si après cette intervention du commandant Kasse Jean Baptiste la justice condamne les 6 éléments qui étaient sous ses ordres, cela risque de créer un précédent grave dans le fonctionnement de l'armée.
Car les soldats se méfieraient dorénavant d'exécuter les ordres venus de leurs chefs.