RDC : 4 intervenants de la riposte à Ebola tués

Deux attaques visant les agents intervenant dans le cadre de la riposte à la flambée d’ dans l’est de la ont fait 4 morts et 5 blessés.

L’insécurité et les manifestations dans l’est de la (RDC) compromettent la lutte contre Ebola, alerte l’ () après la mort de quatre membres du personnel participant à la riposte au virus.
« Au cours de la semaine dernière, la violence, les troubles civils généralisés et les attaques ciblées ont gravement perturbé la riposte à Ebola et restreint l’accès aux communautés touchées dans plusieurs endroits », a indiqué l’OMS dans son dernier bulletin épidémiologique daté du jeudi 28 novembre 2019.


Selon l’agence onusienne, de telles perturbations entraînent souvent une augmentation de la transmission du virus et une augmentation subséquente du nombre de cas, en raison « des répercussions sur les efforts de surveillance et de contrôle comme la recherche active des cas, la recherche des contacts et la vaccination ».

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Dans la nuit de mercredi à jeudi, deux attaques visant des agents participant à la riposte à Ebola ont fait quatre morts et six blessés dans l’est de la RDC. De telles attaques risquent de redonner au virus de la vigueur « et, en conséquence, plus de gens vont mourir », a prévenu l’OMS.
Selon l’OMS, les violences et troubles civils ont limité les activités d’intervention sanitaires à Beni et à Oicha depuis le 20 novembre. Dans ces conditions, environ un tiers du personnel d’intervention Ebola de l’OMS à Beni a été temporairement transféré à Goma mardi dernier.
Les perturbations de l’intervention et le manque d’accès aux collectivités touchées par le virus Ebola menacent d’annuler les progrès récents, a alerté l’agence onusienne. « Ebola était en retrait. Il sera tragique d’être à nouveau le témoin de souffrances inutiles au sein de communautés qui ont déjà tant souffert. Nous appelons tous ceux qui ont un rôle à jouer à mettre fin à ce cycle de violence », a déclaré jeudi le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Gebreyesus.

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Six nouveaux cas d’Ebola ont été enregistrés la semaine dernière, contre 120 au pic de l’épidémie en avril dernier. Dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, la moitié des cas confirmés entre le 20 et le 26 novembre provenaient de la zone de santé de Mabalako (trois cas), alors que chacune des zones sanitaires de Mandima, Oicha et Beni n’a enregistré qu’un seul cas. Mais ces chiffres qui semblent encourageants sont remis en cause par la paralysie notée dans les activités anti-Ebola à Beni et dans sa région.
« A la suite de l’insécurité, le volume d’alertes quotidiennes signalées par les établissements de soins de santé et la communauté a diminué à Beni », relève l’OMS. Du samedi 23 au mardi 26 novembre, les alertes sont ainsi passés d’environ 400 par jour à 120-150 par jour. Des réductions proportionnellement similaires du nombre d’alertes ont également été observées à Butembo, après deux jours de manifestations, selon l’agence onusienne.

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Les violences dans l’est de la RDC ont également eu un impact sur les activités de surveillance des personnes en contact avec des cas d’Ebola et de recherche de signes d’infection, en particulier à Oicha où seulement 15% des contacts étaient sous surveillance en date du 26 novembre.
Le pourcentage moyen global de contacts sous surveillance au cours des sept derniers jours est de 86%, mais il est tombé à 59% lundi. Or l’OMS rappelle que cette surveillance fait partie « des fonctions essentielles » de la réponse pour réduire le risque de propagation du virus. « Et les fluctuations de performance à la suite de l’insécurité peuvent permettre de nouvelles chaînes de transmission », a mis en garde l’agence onusienne.

L’actuelle épidémie d’Ebola en RDC est la plus grave, après celle qui a tué 11 000 personnes en Afrique de l’Ouest en 2014. Depuis le début de l’épidémie dans l’est du pays en août 2019, le virus a tué 2.199 personnes.

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