Rébellion ivoirienne : comment Soro a géré l’ex zone CNO, les révélations de Mamadou Traoré
Guillaume Soro devrait être l'espoir des ivoiriens ? Mamadou Traoré, proche de l'ex-Premier ministre, revient sur la rébellion ivoirienne.
Pourquoi les ivoiriens doivent-ils accorder leur confiance en Guillaume Soro au vu des violations des droits de l'homme que nous constatons dans notre pays ? Je vais répondre à cette question à travers des faits de gestion de Guillaume Soro pendant la rébellion et dans la zone qu'il contrôlait.
Après les périodes troubles de l'offensive militaire engagée par Guillaume Soro et ses hommes pour conquérir des territoires, lorsqu'il a pu avoir le contrôle total de la zone CNO avec la neutralisation des hommes d'IB en Juin 2004, Bogota a décidé de mettre en place un Etat de droit, dans une rébellion.
Grande première dans le monde.
Pour le faire, il s'est fait entourer de juristes comme le Ministre Gnenema et la Ministre Affoussiata Bamba Lamine, de militaire comme le Ministre Tuo Fozié. Avec le Ministre Gnenema, il a mis en place un Secrétariat National chargé des droits de l'homme. Avec la Ministre Affoussiata Bamba Lamine, il a créé une Direction de cabinet adjointe chargée des affaires juridiques.
Avec le Ministre Tuo Fozié, il a mis en place une Direction Générale de la police et de la gendarmerie.
C'est avec ces instruments que Guillaume Soro a essayé, tant bien que mal, de canaliser les abus des soldats sur la population. Avec ces instruments, il a mis en place un Etat de droit où les populations vaquaient tranquillement à leurs occupations. Avec ces instruments mis en place, les populations ne pouvaient plus se faire justice en cas de mésentente ou de conflits. Avec ces instruments mis en place, les populations dormaient en toute sécurité sans crainte d'être victimes de braquages.
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Mieux, pendant la gouvernance de Guillaume Soro dans la zone qu'il contrôlait, nos populations n'ont pas connu le phénomène des couleurs de route. Car, il existait des instruments juridiques et de sécurité qui dissuadaient tous les petits voyous à la petite semelle. Les prisons étaient constituées de petits voleurs de tout acabits. Jamais, les prisons n'ont reçu de prisonniers d'opinion ou de prisonniers politiques. Les exécutions sommaires d'individus avaient été prescrites. La preuve en est que tous les soldats qui ont été arrêtés, suite à l'attentat contre l'avion de Guillaume Soro en Juin 2007, ont été libérés.
Guillaume Soro a demandé à ce qu'on ne touche pas à un seul de leurs cheveux.
Je connais deux parmi eux qui m'ont avoué qu'en prison, ils ont été bien traités, sur instructions de Guillaume Soro, bien qu'ils aient avoué qu'ils faisaient partie du commando qui avait été chargé de l'exécuter.
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Ces soldats étaient connus comme étant des pro-IB qui avaient été manipulés par certains cadres du RDR pour en finir avec Guillaume Soro. Si c'était sous la gouvernance actuelle, ces soldats auraient été abattus ou jetés en prison toute leur vie. Pour canaliser l'action des chefs de guerre, Guillaume Soro a mis à leurs côtés certains de ses représentants. Ces derniers étaient chargés de protéger les populations contre les abus des soldats. C'est à ce titre qu'en 2005,j'ai été installé à Boundiali comme le Responsable du Cabinet Civil afin de rendre compte régulièrement à Guillaume Soro des actions des soldats vis à vis des populations. Cela m'a valu beaucoup de menaces de mort de la part de certains d'entre eux .
Un jour même, devant son bureau, j'ai été menacé par Jah Gao ,le comzone de Boundiali.
Des gens lui avaient dit que c'est moi qui était à la base de son affectation à Mankono, suite à une vague de redéploiement des comzones qui avait été engagée par le Général Bakayoko.
On lui a dit que c'est suite aux rapports que j'aurais fait sur lui qu'il avait été affecté à Mankono.
Jah Gao m'a dit ceci en ces termes.
Toi Traoré là, je suis au courant des rapports que tu as fait sur moi. Renseignes toi sur moi. Et tu verras qui je suis. Je vais à Mankono. A mon retour, tu me trouveras sur ton chemin «
C'était en présence de son adjoint Tiené Mamadou qu'il m'a tenu ces menaces.
J'ai pris acte de ses menaces et j'ai aussitôt informé Soul To Soul et le Ministre Messamba de ce que je venais de subir. Ils ont aussitôt appelé Jah Gao pour le dissuader de toucher à un seul de mes cheveux. Longtemps après, Jah Gao s'est rendu compte qu'on lui avait raconté des histoires sur mon compte. En réalité, j'étais dans le viseur de certains de ses soldats qui voyaient en moi un empêcheur de piller en toute tranquillité.
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J'étais celui qui défendais les populations contre les exactions de certains soldats. J'étais donc devenu un élément à abattre. Il fallait donc utiliser Jah Gao pour me régler mon compte. Après ce malentendu, Jah Gao et moi sommes restés liés jusqu'à une date récente où, pour une question d'environnement politique délétère et de suspicion généralisée, j'ai rompu tout contact avec lui.
Chers tous, voici comment Guillaume Soro a protégé les populations vivant sous son autorité en ex zone CNO ,dans une période trouble. C'est pour dire aux uns et aux autres que Guillaume Soro à la tête du pays, les droits de l'homme et la sécurité des populations seront préservés. Car ,s'il a réussi à protéger les populations pendant une rébellion, ce n'est pas dans un climat apaisé qu'il ne le ferait pas.
Si pendant la rébellion, nous n'avons pas connu de prisonniers d'opinion, ce n'est pas pendant sa gouvernance, en tant que Président de la République, que nous en connaîtrons.
Voici pourquoi Guillaume Soro devrait être l'espoir des ivoiriens.