Sept Nigérians jugés pour traite d’êtres humains : plongée dans les réseaux criminels « cults »
Sept membres de la confrérie nigériane « Maphite » comparaissent depuis le 24 juin devant la cour criminelle de Paris pour proxénétisme aggravé et traite d'êtres humains.
L'accusation les soupçonne d'avoir organisé la prostitution de dizaines de femmes nigérianes en Europe entre 2018 et 2021.
Les récits des victimes, souvent similaires, glacent le sang. Arrivées en Europe dans l'espoir d'une vie meilleure, ces jeunes femmes, peu éduquées et originaires majoritairement de Benin City, ont été piégées par des membres de la confrérie Maphite rencontrés sur les réseaux sociaux.
Exploitées sexuellement, forcées de se prostituer pour rembourser une dette fictive contractée pour leur voyage, et victimes de violences physiques et psychologiques, ces femmes vivaient dans un état d'esclavage moderne.
« Combien de clients ? », « combien de jours par semaine ? », interroge la présidente du tribunal, Corinne Goetzmann. « 10-15 clients par nuit, tous les jours ça me rapportait entre 300 et 500 euros », répond Grace (prénom modifié), une des victimes. « J'étais un distributeur », raconte une autre. « Une esclave », souffle une troisième.
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Les accusés, âgés de 27 à 44 ans, nient les faits en bloc. Ils affirment ne jamais avoir contraint les femmes à se prostituer et assurent avoir quitté la confrérie Maphite à leur arrivée en Europe.
Cependant, les éléments de l'enquête et les témoignages des victimes brossent un portrait accablant de ces hommes. « On est Nigérians. On sait tous dans quelles conditions elles sont sorties (du pays), ce qu'elles font », déclare l'un d'entre eux, assumant une certaine connaissance de la situation précaire des femmes.
Le procès, qui a débuté la semaine dernière, devrait se solder par un verdict mardi. L'avocat général a requis des peines de 20 ans de réclusion contre les accusés.
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