Transition au Mali: « une plaisanterie », Ouattara ridiculise des émissaires d’Assimi Goita
Alassane Ouattara, chef de l'État ivoirien, est formellement opposé au projet de prolongation du mandat des militaires au Mali face aux ministres du président Assimi Goïta.
Le ministre malien des Affaires Étrangères, Abdoulaye DIOP, conduisant une forte délégation malienne, a été reçu en audience par le président ivoirien Alassane Ouattara le 3 janvier 2022 à Abidjan.
Le journal panafricain Jeune Afrique est allé au cœur des discussions entre Alassane Ouattara et les émissaires d'Assimi Goïta dont Abdoulaye Maïga en charge de l'Administration territoriale.
Dans l'entretien porté sur la prolongation à 5 ans de la transition au Mali ainsi que sur les voies et moyens de préserver la paix et la stabilité dans ce pays, les officiels maliens ont exposé à Alassane Ouattara, qui était entouré de membres de son cabinet, les grandes résolutions des assises nationales dont, surtout, celle de prolonger la transition de cinq ans.
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Ils lui ont détaillé le programme électoral à venir, à savoir un référendum constitutionnel en décembre 2023, un scrutin local en juin 2024, ainsi que des échéances législatives et sénatoriales en mai 2025. Ce plan devrait, selon le colonel Maïga, aboutir à la « restauration du Mali ». Abdoulaye Diop a quant à lui expliqué que ce chronogramme pourra être modifié en fonction de l'évolution de la situation.
Le chef de l'Etat ivoirien a écouté «en silence les émissaires d'Assimi Goïta, jusqu'à la fin de leurs interventions respectives, avant de taxer ce chronogramme de plaisanterie, leur demandant ouvertement dans quel monde ils pensaient vivre». « Le président ivoirien a opposé un non catégorique à ce plan de sortie de la transition, précisant que le Mali s'exposait à de sévères sanctions économiques sur le plan international », confie notre confrère. Le magazine panafricain note aussi que le président Ouattara envisage de s'entretenir avec Assimi Goïta avant le double sommet extraordinaire de l'UEMOA et de la CEDEAO, prévu à Accra le 9 janvier prochain.
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Avant Alassane Ouattara, une dizaine de partis politiques membres de l'opposition, réunie au sein du «Cadre d'échange des partis et regroupements politiques pour une transition réussie », avait déjà annoncé leur refus de prendre part aux assises nationales de la refondation, dénonçant un « chronogramme unilatéral et déraisonnable ». Ils estiment que les assises organisées par la junte au pouvoir n'a pas fait l'objet de discussions au Mali et ne « saurait être en aucun cas une aspiration profonde du peuple malien ».