Tiburce Koffi à propos de la violence policière du couvre-feu : « je félicite nos Forces de l’Ordre pour la rigueur de leurs matraques »

Tiburce Koffi a félicité les Forces de l'Ordre pour la rigueur de leurs matraques lors du couvre-feu avant de s'en prendre au confrère André Silver Konan.

Je me suis forcé, malgré le décalage horaire, de rester attentif au suivi de la mesure officielle de l'instauration du couvre-feu. Je savais mes concitoyens très indisciplinés ; aussi, étais-je curieux de voir comment notre police et nos concitoyens réagiraient par rapport aux édits du chef de l'État. Déceptions et satisfactions ont comblé ma nuit de veille.

Et pour causes : comme je m'y attendais, des noctambules impénitents ont bravé les ordres du chef de l'État. Et, comme je l'avais souhaité (mieux, recommandé), les agents et Forces de l'ordre ont sévi. Et comment ! Une série de supplices dissuasifs bien appliqués sur les fesses et le dos des contrevenants ! Génial ! Des vidéos expressives ! Voilà. Du travail bien fait. Sans bavure. Propre.

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Oui, j'avoue ma satisfaction. Hélas, mon brillant cadet, André Sylver Konan, a décidé de gâcher ma joie de cette nuit de veille. M'apostrophant avant le lever du jour, il dénonce cette « brutalité des forces de l'ordre, s'oppose aux méthodes que j'ai proposées dans un article de la veille ; article relatif à un certains nombre de supplices que j'avais suggérés, avec humour, afin de juguler l'indiscipline de mes concitoyens. Plus sérieusement : au-delà de l'humour que j'ai fait dans cet article, au-delà aussi de l'exposé (à donner le frisson) des sévices corporels que j'ai proposés, engageons, sur la question, le vrai débat de fond, André Sylver Konan.

LE DÉBAT DE FOND

Que voulons-nous, à la fin, Sylver ? Allons-nous continuer, sous le prétexte « bourgeois » et intellectuel de la défense des droits de l'Homme, de promouvoir ou tolérer cette navrante et désolante culture de l'indiscipline et du « je m'en-foutisme » dont les Africains semblent avoir fait leur mode de vie ?

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L'indiscipline généralisée produit le désordre, Sylver.
Le retard de l' dont tous, nous nous plaignons, n'a pas plusieurs causes. Il est le fait de notre culture improductive du désordre, du refus de prendre en compte l'intérêt général, de l'exaltation de nos bas instincts : ne penser qu'au plaisir individuel, se soustraire aux règles de la socialité qui régissent la qualité de la vie publique et républicaine.

Nul n'est au-dessus de la loi, Sylver. Nul n'a le droit de perturber l'ordre général et de mettre ainsi en péril, la Santé et l'équilibre de toute une société. Ces mesures (le couvre-feu, le ) prises par le chef de l'État et édictées officiellement n'ont qu'un seul but : PROTÉGER L'ENSEMBLE DU CORPS SOCIAL. Alors, quand quelques crétins et chenapans mal inspirés se permettent de désobéir à la loi prescrite (pour L'INTÉRÊT GÉNÉRAL), l'Autorité a la légitimité et le devoir de sévir avec le maximum de rigueur. Pour l'intérêt général.

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Le monopole de la violence doit revenir à l'État, Sylver. C'est un principe systémisé et rigoureux de l'art de diriger. Le civisme n'est rien d'autre que la peur de la sanction. Et le degré de civisme d'une population est toujours proportionnel à la rigueur des lois et sanctions édictées et appliquées par l'Autorité dirigeante. « Diriger, c'est accepter de déplaire », me disait mon Maître Zadi Zaourou. Et nous devons reconnaître que, sur ce plan, le Président Ouattara se comporte de manière admirable : pas d'état d'âme. La primeur de l'Etat sur tout. Oui donc pour la matraque et le fouet sur les mollets et le dos des contrevenants.

Crois-moi, Andre Silver Konan : je ne suis pas un héraut de la violence, ni un bonimenteur voué à louanger les princes et le chef de l'État. Je suis sorti (et pour de vrai) des combats politiciens. Désormais hors des calculs politiciens et mesquins pour la défense de tel ou tel pouvoir régnant, je peux, de ma posture actuelle, mieux apprécier les choses.

Sois rassuré Sylver, je demeure poète – plus poète même que toi, et je n'ai jamais renoncé à ma sensibilité et aux sensibleries de l'état intellectuel et la qualité d'homme de Lettres. Mais, je te le dis et redis : on ne dirige pas les peuples avec l'émotion poétique, les subtilités bizarres et autres galanteries de l'esprit. En tout lieu et à toutes époques, les peuples ont eu besoin de dictateurs affirmés (ou éclairés) sachant manier la matraque et exhiber la carotte aux soumis et disciplinés. Houphouet-Boigny dont nous continuons, tous, de saluer la qualité et grandeur de l'action politique et sociale, était un dictateur de rang respectable ! Oui, un « dictateur productif » (le concept est d'Aimé Apia Kabran). Voilà ce qu'était Houphouet-Boigny.

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Sylver, tu as l'habitude d'exalter l'heureuse culture de la discipline des Chinois, non ? Eh bien sache ceci : c'est le résultat, hautement productif et admirable, des talents de dictateur d'un homme visionnaire et habité : Mao Tsé Toung et de « sa » Révolution culturelle. En d'autres lieux et occasions, je pourrai t'en parler à profusion – cette histoire, ainsi que celles de Cuba et de l'Union soviétique sont mes… verres d'eau quotidiens.

Pour l'heure, et pour clore mon logos du jour : je félicite nos Forces de l'Ordre pour la rigueur de leurs matraques inspirées ! Je forme le voeu que le Président Ouattara (déjà disciple incontestable d'Houphouët-Boigny) puisse être habité aussi de l'Esprit de Mao et de Castro. Ce sera, j'en suis persuadé, la voie de notre salut national.

Written by Tiburce Koffi

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