Accusations de Jean-François Kouassi contre Anne Ouloto : pourquoi la justice s’en mêle selon Jean Bonin
L'affaire Anne Ouloto fait réagir Jean Bonin. Le juriste analyse les accusations de Jean-François Kouassi contre la ministre de la Fonction publique. Décryptage.
L'affaire Anne Ouloto secoue la sphère politique ivoirienne depuis quelques jours. Tout est parti d'une publication sur les réseaux sociaux où Jean-François Kouassi accuse directement la ministre de la Fonction publique de « vendre les concours » et de favoriser ses protégés. Pour Jean Bonin, président du FIER et juriste reconnu, ces propos sortent du cadre de la simple critique politique pour entrer dans celui, bien plus risqué, du tribunal.
« Ces propos imputent personnellement et directement à Mme Anne Désirée Ouloto des faits précis », explique Jean Bonin. Selon lui, pointer du doigt une autorité pour trafic d'influence ou corruption sans preuves tangibles ne relève plus du débat d'idées, mais d'une attaque frontale contre l'honneur d'une femme qui a bâti sa carrière sur la probité. L'affaire Anne Ouloto pose ainsi la question de la responsabilité des citoyens sur internet.
La fin de l'impunité sur Facebook ?
Dans son analyse, le juriste rappelle que la loi de 2013 sur la cybercriminalité en Côte d'Ivoire est très claire sur ce point. Si la liberté d'expression reste un pilier de la démocratie, elle s'arrête là où commence la calomnie. « L'imputation de faits non prouvés portant atteinte à l'honneur excède la liberté d'expression », souligne-t-il, s'appuyant sur des jurisprudences internationales et françaises pour étayer son propos.
Le fond du problème dans cette affaire Anne Ouloto, c'est l'absence de preuves fournies par l'accusateur. Pour Jean Bonin, le dépôt de plainte de la ministre est une démarche saine. Il ne s'agit pas de faire taire un opposant, mais de demander des comptes : « Il appartient désormais à M. Jean-François Kouassi de rapporter la preuve des faits graves qu'il impute personnellement à la ministre. »
Vers une sanction sans prison ?
Sur le terrain, l'opinion est divisée. Certains y voient une volonté d'intimidation, quand d'autres réclament plus de respect pour les institutions. Jean Bonin, tout en défendant la légitimité de la plainte, plaide pour une certaine retenue dans le verdict final. Il suggère d'éviter la case prison au profit de peines plus pédagogiques, comme des amendes ou des travaux d'intérêt général, afin de ne pas crisper davantage le climat politique.
« Une telle approche permettrait de rappeler la responsabilité attachée à la parole publique », avance le président du FIER. En attendant que la justice ivoirienne ne se prononce, l'affaire Anne Ouloto sert déjà d'avertissement. Dans un pays où les réseaux sociaux s'enflamment vite, le droit rappelle que chaque mot publié peut avoir des conséquences devant un juge. L'issue de ce dossier sera scrutée de près par tous les observateurs de la vie publique en Côte d'Ivoire.
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