Affaire site du 43ème Bima, un pro-Soro à Ouattara : « 60 ans après, quelqu’un qui se dit héritier d’Houphouët redonne à la France, 250 hectares de territoire ivoirien »

Après Mamadou Koulibaly, le pro-Soro, Touré Moussa, s’est intéressé à l’affaire du site du 43ème Bima qui continue de faire beaucoup de bruit.

Parlons de la base militaire française en Côte d’Ivoire, qui défraie la chronique. Elle est actuellement occupée par les Forces françaises de Côte d’Ivoire (FFCI). Des militaires français y sont stationnés depuis la signature des accords de défense franco-ivoiriens en avril 1961. C’est une base très importante pour le dispositif militaire français en Afrique subsaharienne. Elle abrite 900 soldats sur un site principal de 250 hectares, dans la commune abidjanaise de Port-Bouët. Pour des forces de combat, c’est une position tactique idéale. Adossée à une plateforme aéroportuaire et lagunaire elle est, selon le mot du ministère français de la Défense, « une plateforme stratégique, opérationnelle et logistique majeure ».

La présence militaire française ne se limite pas uniquement aux 250 hectares qu’elle occupe à Port-Bouët. Elle a, en plus, trois autre emprises :

− le camp militaire « La Bourgerie » situé en bout de piste de l’aéroport d’Abidjan ; 
− la base du détachement d’intervention lagunaire (DIL) à Adjouffou, dans la commune de Port-Bouët ;
− le champ de tir « Lieutenant-Colonel Saboret » pour armes lourdes et engins blindés de 13 hectares à Lomonord, vers Toumodi.

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Beaucoup de superficie utilisée donc pour les besoins de l’armée française. Normal dirait-on, si nos partenaires militaires français sont performants, ils peuvent nous donner un appui appréciable dans la lutte régionale contre le terrorisme et la formation de nos propres troupes.

Mais voilà, tous les Ivoiriens ont été choqués d’apprendre, via « La Lettre du Continent », que comme cadeau d’anniversaire au président Emmanuel Macron, le président Alassane Ouattara a cédé à la France, les droits fonciers sur les 250 hectares de terre qu’elle occupe. 250 hectares en plein cœur d’Abidjan donnés cadeau ! C’est quand même un peu fort de café ! Je m’interroge : les droits fonciers concédés par Ouattara à la France s’étendent-ils également aux trois autresemprises de l’Armée française en Côte d’Ivoire ?

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Ce serait donc près de 300 hectares de terre qui auront ainsi été donnés gratuitement à une puissance étrangère, fut-elle amie. Il faut dire que le silence gêné qui a entouré cette révélation laisse croire à une opération de type mafieux. Oui, mafieux. Ne nous voilons pas la face : pour l’opinion publique nationale, les terres ivoiriennes ont été cédées à la France en échange de son silence face à la répression contre l’opposition et à la manipulation de la Constitution et des lois électorales ivoiriennes en gestation, dans la perspective de la présidentielle de 2020.

On n’a en effet pas entendu le moindre soupçon de murmure d’Emmanuel Macron lorsque la répression la plus bestiale s’est abattue contre Guillaume Soro et ses partisans, moins de 12 heures après qu’il ait quitté la Côte d’Ivoire. Un signe.

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Le ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Koné Bruno, a tenté une timide justification, qui tient plus de la profession de foi que d’un vrai démenti. Il se contente de dire au journal du RDR, « Le Patriote », que les terres n’ont pas été cédées à la France parce qu’elles font partie du domaine public. Point. Et il est aussitôt contredit par une lettre officielle du Colonel Gilles Huberson, ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, adressée à la Banque mondiale, rendue publique.

Dans ladite lettre, l’ambassadeur indique que son pays et cette institution ont finalement trouvé un compromis sur la préservation des « titres fonciers accordés par l’État de Côte d’Ivoire aux Forces Françaises en Côte d’Ivoire ». En effet, la Banque Mondiale voulait financer des travaux autour du rond-pointAkwaba et les français n’étaient pas d’accord avec cette idée. Mais les deux parties ont fini par s’entendre. Vous remarquerez, selon les termes du courrier de l’Ambassadeur de France, que l’Etat ivoirien est ignoré dans les discussions entre ces deux entités étrangères. Mais passons, là n’est pas le sujet.

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M. Koné Bruno n’a, à ce jour, produit aucun document contredisant les informations de « La Lettre du Continent ».Donc, Alassane Ouattara a cédé gracieusement les terres ivoiriennes à la France, en guise de cadeau d’anniversaire à Emmanuel Macron.

Non seulement, ceci est extrêmement grave pour l’honneur et la dignité des Ivoiriens, mais encore, constitue une injure grave à la mémoire de Félix Houphouët-Boigny, le fondateur de la Côte d’Ivoire moderne.

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En effet, pour conserver la totalité des droits du nouvel Etat de Côte d’Ivoire sur chaque centimètre carré de son territoire, Houphouët-Boigny avait dû racheter le territoire de San Pedro, soit 270 kilomètres carrés, qui avait été totalement et gracieusement cédé à un colon blanc, M. Verdier, par l’administration coloniale française qui se retirait. Cela avait coûté 160 millions de F CFA au Trésor public ivoirien, en décembre 1959. (Cet épisode est largement évoqué dans le livre de Frédéric Grah Mel, « Félix Houphouët-Boigny, L’épreuve du pouvoir », p. 434).

Soixante ans après, quelqu’un qui se prétend héritier d’Houphouët-Boigny redonne à la France, 250 hectares de territoire ivoirien sans aucune compensation. Félix Houphouët-Boigny doit bien se retourner dans sa tombe.

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