Ce que Kandia dit, elle le fait: les enseignants grévistes seront bel et bien sanctionnés

Un comité interministériel de l’éducation a annoncé, ce vendredi 24 mai 2019, l’application des sanctions contre les enseignants grévistes.

Ce comité interministériel devrait examiner en urgence les sanctions de ponctions sur salaires, mises à disposition de la Fonction publique et radiation des enseignants qui mènent et suivent cette grève qu’il a qualifiée de “criminelle”.

La rétention des notes est criminelle

« La rétention des notes est criminelle. Ce n’est pas une revendication. C’est prendre les enfants en otage, car ce n’est pas une méthode de lutte », a fustigé l’Inspecteur général lors d’une conférence de presse au cabinet du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle à Abidjan, interpellant la COSEF-CI et ses membres « sur leurs responsabilités afin qu’ils se ressaisissent ».

Le collaborateur de la ministre appelle les parents d’élèves à s’impliquer davantage dans le dialogue social et à veiller à ce que leurs enfants ne cèdent pas aux manipulations et les élèves à faire preuve de discipline en se conformant au règlement intérieur de leurs écoles.

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« En choisissant de demander à ses membres de suspendre le mot d’ordre de grève tout en confisquant les notes des enfants, nos enfants, leurs enfants, la COSEF-CI s’attaque au fondement même de l’école. C’est une forfaiture qui ne saurait prospérer », a-t-il condamné, appelant « tous les acteurs et partenaires de l’école ivoirienne à se mobiliser pour faire échec à cette forme de grève ».

Rétention des notes

Pour le ministère, la rétention des notes « pendant qu’on prétend poursuivre l’enseignement est, au plan de la science et de la pratique pédagogiques, un non-sens car cela revient à amputer le processus d’enseignement-apprentissage de ce maillon indispensable. Cela conduit au non-respect de la déontologie de la fonction enseignante et revient à ruiner totalement l’action éducative ».

Tout aussi, « les enseignants membres de la COSEF-CI, en confisquant les notes des élèves, violent le droit syndical, en ce sens que la suspension du mot d’ordre de grève devrait entraîner la reprise totale des activités d’enseignement. Cette attitude est contraire aux obligations qui pèsent sur les  fonctionnaires aux termes du Statut général de la Fonction publique ».

« la responsabilité administrative des grévistes est engagée pour service non fait et les expose à des sanctions disciplinaires »

Sur le plan administratif enfin, « la responsabilité administrative des grévistes est engagée pour service non fait et les expose à des sanctions disciplinaires ».

Après deux mois de débrayage, la COSEF-CI a repris les cours pendant un mois avant de relancer son mot d’ordre de grève sur la période du 14 au 17 mai, qu’elle a levé, le mercredi 22 mai, mais avec la rétention des notes des élèves.

Les revendications

Les revendications de ce syndicat portent entre autres sur la suppression du cours du mercredi matin dans l’enseignement préscolaire et primaire, et le relèvement des indemnités contributives au logement de 40 000 F à 150 000 FCFA pour les instituteurs, de 40 000 FCFA à 200 000 FCFA pour les professeurs de collèges et de 50 000 F à 300 000 FCFA pour les professeurs de lycées.

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Pour le ministère, l’attitude de ce syndicat dirigé par , est d’autant plus condamnable qu’après les négociations de Grand-Bassam qui se sont poursuivies à Abidjan, le processus suit son cours en attendant une audience avec le Premier ministre avec l’ensemble des signataires du rapport des pourparlers de Grand-Bassam.

Cette grève pourrait contrarier la crédibilité des diplômes ivoiriens, les épreuves écrites du CEPE étant prévues pour le lundi 1er juillet au lieu du 5 juin comme initialement annoncé, le BEPC du 17 au 21 juin et le Baccalauréat du 8 au 12 juillet.

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