« Cette CEI, à travers sa commission centrale et ses commissions locales, est au profit du RHDP »

L’EDS et la CDRP ont organisé le jeudi 16 janvier 2020, une conférence de presse relative la nouvelle Commission Électorale Indépendante (CEI).

Au nom des directions des plateformes politiques Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), Coalition pour la Démocratie, la Réconciliation et la Paix (CDRP) et leurs alliés, je voudrais vous saluer et vous remercier pour votre présence effective, suite à notre invitation.

Mesdames et messieurs les journalistes,

Le vendredi 10 janvier 2020, à l’occasion de la conférence de presse conjointe organisée par EDS et le PDCI-RDA, l’opposition significative, que le pouvoir, par des subterfuges, avait écartée des discussions sur la CEI, a pris soin de passer trois messages importants :

Nous avons réaffirmé notre position sur la nouvelle CEI : l’opposition récuse et rejette la nouvelle CEI mise en place par le gouvernement suite à un passage en force. Cette CEI, à travers sa commission centrale et ses commissions locales, est scandaleusement déséquilibrée au profit du pouvoir RHDP.

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Les discussions doivent donc être entièrement reprises afin de doter la Côte d’Ivoire d’un organe électoral consensuel, véritablement indépendant..
Tout en continuant de marteler que la CEI actuelle, si grossièrement inféodée au pouvoir ne peut pas raisonnablement organiser des élections crédibles et apaisées, nous avons aussi clairement affiché notre détermination à prendre une part active et constructive aux discussions sur le code électoral.

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Nourrie de l’expérience de la première phase du dialogue où le pouvoir a manœuvré pour nous écarter et ensuite nous accuser de pratiquer la politique de la chaise vide, l’opposition a décidé de tenir l’opinion publique régulièrement informée du déroulement des discussions avec le gouvernement, afin que nous soyons tous au même niveau d’information. C’est la raison de la présente rencontre que nous avons souhaité avoir avec vous.

Le mercredi 15 janvier 2020, nous avons participé aux discussions du comité restreint de haut niveau sur le code électoral mis en place par le gouvernement. A cette rencontre qui concernait exclusivement les partis politiques, nos échanges avec le gouvernement ont porté sur les sujets suivants

Sur les questions de méthodologie

Que le secrétariat de séance soit composé de représentants du gouvernement et des partis politiques
Que le gouvernement, qui a recueilli les propositions des partis politiques nous donne à son tour ses propositions sur le code électoral, par souci d’équlibre et pour des échanges dynamiques
En réponse à ces préoccupations préalables le gouvernement a répondu ceci :
C’est le ministère de l’intérieur qui va assurer le secrétariat de séance. Le procès-verbal de chaque rencontre sera soumis à l’approbation des participants à l’entame de la réunion suivante
Le gouvernement nous a fait savoir qu’il n’avait pas de propositions sur le code électoral à part l’existant mais qu’il présent à ces discussions justement pour prendre nos propositions ; en conséquence c’est ce que décideront les partis politiques qui sera adopté.

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Sur cette base nous avons levé nos préalables et sommes passés aux différentes thématiques.

En tant que groupements et partis politiques d’opposition nous avons égrené les sujets que souhaitons soumettre à discussion avec le gouvernement. Ce sont :

Les pouvoirs de décision de la CEI
La quasi-totalité des intervenants ont estimé que dans le code électoral actuel, sur des questions majeures telles que le découpage électoral, la liste électorale, les dates des élections et bien d’autres, la CEI propose et le gouvernement décide par décret en conseil des ministres. L’organe électoral qui est censé être indépendant et autonome est donc assujetti, en réalité, au pouvoir exécutif.

Notre souhait est que la CEI soit totalement affranchie de tout pouvoir, et qu’elle puisse librement travailler et décider, dans le respect des lois, bien entendu.
La question des procédures de révision ainsi que la fiabilité de la liste électorale
L’environnement électoral : des intervenants ont demandé la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des poursuites judiciaires politiques, et le dégel des avoirs des opposants
La question du parrainage des candidatures et du cautionnement ; la quasi-totalité des participants ont déclaré que si le principe du parrainage doit être adopté il ne doit s’agir que de parrainage citoyen.

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Et cela a été repris dans la synthèse faite par le gouvernement
Le phénomène de la transhumance et du convoyage des électeurs : les discussions approfondies qui vont suivre devraient nous permettre de trouver solution pour enrayer totalement ce phénomène.

Le mode opératoire et les questions techniques liées à l’organisation pratique du scrutin : des propositions concrètes ont été faites concernant le statut et le rôle des représentants des candidats dans les bureaux de vote ; le dépouillement des votes par bureau de vote ; l’affichage des résultats dans les bureaux immédiatement après leur proclamation etc.
Au terme de ce premier jour de discussions nous avons convenu de nous retrouver le mercredi 22 janvier pour aborder les différentes thématiques en profondeur.

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A cette fin, les plateformes EDS, CDRP et leurs alliés ont mis en place un comité technique afin d’affiner ensemble nos propositions, dans l’intérêt supérieur de notre pays.

Nous continuons d’affirmer que les discussions sur le cadre juridique et institutionnel doivent se dérouler dans la sérénité, sans précipitation. La Côte d’Ivoire organise les élections pour elle-même et non pas pour faire plaisir à quiconque.

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