Côte d’Ivoire Logement :  » Il faut revenir sur le programme de location-vente sur 10 à 30 ans », suggère la FES

Expulsions forcée Sicogi
Expulsions forcée Sicogi

Sur le chemin de l’émergence, des maisons ou quartiers précaires d’ sont détruits pour construire des routes, ponts et autres infrastructures. Après le déguerpissaient à , pour la FES :  » Il faut revenir sur le programme de location-vente sur 10 à 30 ans ». Côte d’Ivoire logement.

Aujourd’hui, le quartier chic de , avec ses ambassades et ses institutions, accueille l’élite et la classe moyenne de la société ivoirienne. Cependant, dans les bureaux à l’ambiance feutrée, se pressent chaque jour des milliers d’hommes et de femmes, pour la plupart des travailleurs et travailleuses domestiques (boys, cuisiniers, chauffeurs, jardiniers et autres) issus de quartiers comme celui de la cité Bel-Air Danga qui vient d’être rasé. Selon les responsables de la Société ivoirienne de construction et de gestion immobilière (), la cité Bel-Air a été démolie avec le but de « développer un projet de rénovation du quartier ».

Thilo Schöne, représentant résident de Friedrich-Ebert-Stiftung Côte d'Ivoire
Thilo Schöne, représentant résident de Friedrich-Ebert-Stiftung Côte d’Ivoire

Mais quelle place aux considérations sociales dans cette politique de logement, alors que ces personnes qui touchent à peine le salaire minimum (60.000 Frs CFA) voient leurs maisons, quartiers et commerces démolis sans préavis ?

A Abidjan, 9 sur 10 sont locataires de leur logement et sont ainsi potentiellement vulnérables à de telles opérations de déguerpissement.

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La Commission Nationale des Droits de l’Homme de Cote d’Ivoire rappelle que « les opérations de déguerpissement doivent tenir compte de certains droits fondamentaux notamment le droit à l’éducation, à la santé et à un logement décent. Ces opérations doivent en toutes circonstances préserver la dignité humaine des populations visées ».

Côte d’Ivoire logement et défaut de politique de location-vente

Un état moderne, social doit mettre le citoyen au cœur de sa politique par un dialogue et des propositions de solutions qui font la part belle à l’humain. Le social est bien prôné dans la politique de logement de l’Etat ivoirien, en conformité avec notre Constitution.

« Revenir au programme de location-vente sur 10 à 30 ans pourrait permettre à des millions d’ivoiriens de s’assurer un logement décent et sûr pour l’avenir »

Seulement, le programme de logements sociaux qui est en cours a du mal à se concrétiser avec seulement un peu plus de 4.000 nouveaux logements disponibles, là où on avait pour ambition d’en faire 60.000. Revenir au programme de location-vente sur 10 à 30 ans pourrait permettre à des millions d’ivoiriens de s’assurer un logement décent et sûr pour l’avenir.

La politique de promotion de logements en Côte d’Ivoire nécessite une grande implication de l’Etat. Dans ce cas seulement, pourrait-on alors parler d’une politique sociale. Malheureusement, sous la pression de certains bailleurs de fonds, l’Etat s’est retiré des secteurs productifs, notamment celui du logement, pour se consacrer à ses charges régaliennes. Le secteur privé a été invité à prendre le relais. Mais laisser le privé mener une politique de logements sociaux, c’est ouvrir la porte à certains abus.

Cet article fait partie d’une série d’analyses politiques qui sont publiées régulièrement par le bureau de la Friedrich-Ebert-Stiftung Côte d’Ivoire.

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