Crise anglophone : les évêques catholiques invitent Biya à négocier avec les séparatistes

Pope Francis (L) talks with Cameroon's President Paul Biya (R) during a private audience at the Vatican on March 23, 2017. / AFP PHOTO / Vincenzo PINTO

Afin de mettre fin à la crise qui secoue la zone anglaise du Cameroun, l’épiscopat mondial appelle Paul Biya à discuter avec les séparatistes.

Au travers une lettre publiée sur le site du Vatican, l’église catholique demande au chef de l‘État camerounais d’entamer des négociations avec les séparatistes anglophones. Une demande faite au lendemain de la mort de 22 personnes dont 14 enfants, au Nord-ouest du Cameroun.

« Chacune de ces vies est précieuse et nous pleurons leurs souffrances et souhaitons éviter davantage de pertes en vies humaines et d’innocence », ont écrit les évêques du monde entier.

Si des ONG ont accusé les forces de sécurité régulières d’être responsables de la mort de ces hommes, les autorités militaires ont évoqué un  “malheureux accident”, selon les propos du porte-parole de l’armée, colonel Cyrille Atonfack Guemo. Autrement dit, ces civils se sont retrouvés pris entre deux feux lors d’affrontements entre séparatistes et forces régulières. Toutefois, l’ONU réclame une enquête impartiale à ce sujet.

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Un « grand dialogue » a été organisé, à Yaoundé, du 30 octobre au 4 septembre 2019, en vue de mettre fin à cette crise. Ce dialogue a débouché sur de nombreuses conclusions dont l’adoption du statut spécial des zones anglophones.

Une crise née en novembre 2016, lorsque des camerounais des zones occidentales d’expression anglaise ont commencé à décrier des maux tels que le déficit infrastructurel et la sous-représentativité dans les institutions.

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En 2017, des groupes séparatistes armés ont émergé au Nord-Ouest du Cameroun où la majorité de la population parle Anglais, suite à la répression des manifestations par les forces de sécurité. Les séparatistes ont déclaré l’indépendance d’un nouvel État appelé Ambazonia, mais le président Paul Biya a qualifié ces groupes de “terroristes”.

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Plus de 3 000 personnes sont mortes depuis le début des combats et au moins 70 000 personnes ont également été déplacées de leurs foyers.

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