Dialogue politique, nouveau code électoral : Gon refile « la boule puante » à Ouattara

La seconde phase du dialogue politique en Côte d’Ivoire s’est poursuivie ce 17 février 2020. Objectif : mettre en place un nouveau code électoral

Confusion à la primature ce lundi 17 février 2020! On attendait la fumée blanche, on attendait la séance plénière des négociations entre le gouvernement et l’opposition d’une part et le gouvernement et les organisations de la société civile d’autre part. Rien de tout ça!

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Tout le monde était présent mais le premier ministre a refilé « la boule puante » à ton camarade. Sans débats.

Consensus minimal

À l’occasion du discours du nouvel an, ton camarade avait mandaté le chef du gouvernement, à l’effet d’ouvrir le dialogue politique avec l’opposition et la société civile pour obtenir un consensus minimal pour l’élaboration du nouveau code électoral. Très vite, des points d’accord sont trouvés. Mais aussi, des points de divergence.

Les points d’accord

Les différentes parties sont tombées d’accord sur le financement à priori des candidats à la présidence de la République, le parrainage des candidats à raison de 2% des électeurs par région, le relèvement de la caution par candidat à 50 millions FCFA et la lutte contre le convoyage des électeurs.

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Points de divergence

L’opposition, notamment le vieux parti et ses alliés non idéologiques mettent sur la table, la question de la CEI non consensuelle selon eux, la libération des prisonniers politiques, le dégel des comptes… Les sujets qui fâchent…

Douche froide

Le 6 février 2020, après une réunion de synthèse, deux jours plus tôt, les représentants du gouvernement et groupement au pouvoir et leurs alliés, pensaient tenir le bon bout.

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Que nenni! À quelques heures de la séance plénière, douche froide: l’opposition fait parvenir un courrier dans lequel elle liste ses revendications et demande un report de la séance. Un ministre s’énerve: « Après nous avoir fait travailler de 16 h à 20h 30 pour la réunion de synthèse »?

Jeu de poker menteur

Ce lundi 17 février 2020, pas de fumée blanche. En réalité, les discussions manquent de sincérité. Et chaque partie pense plutôt piéger l’autre. Pour l’opposition, ses revendications sont non négociables. Elle ne peut pas signer l’accord en l’état. « Le gouvernement tient à un accord qui ne fera pas mention de la CEI afin d’aller fier à la CADHP le 6 mars ».

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La question de la CEI est en effet pendante devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples de l’Union africaine et la question est au rôle le 6 mars 2020.
Côté pouvoir, « les autorités savaient que l’opposition avait préparé un dossier de préalables. Elle était résolue à ne pas parapher l’accord. Cela aurait fait mauvais effet devant la presse. »

Pas de photo de famille

Le premier ministre fait noter sur sa page facebook « avoir procédé à la clôture de la phase 2 du dialogue politique ». L’opposition quant elle, fait remarquer que « le chef du gouvernement a constaté l’échec du dialogue politique ». Elle a de fait, refuser d’apparaître sur la photo de famille.

Et maintenant?

La patate chaude est désormais dans le camp de ton camarade. Soit, il transmet les points d’accord sous forme de projet de loi à l’Assemblée nationale, ce qui signifie qu’il ignore les revendications des opposants, soit, il joue la pédale douce en arbitrant en dernier ressort.

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Le député de Bongouanou, reçu en audience par le vice-président au Palais, avait suggéré des pistes pour rapprocher les extrêmes. Élargir notamment la CEI aux membres de l’opposition contestataire, à défaut de se mêler des questions de… Justice. Peut-être que ton camarade s’en inspirera pour couper la poire en deux.

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