S'abonner à notre newsletter

Succès ! Vérifiez maintenant votre email

Pour terminer l'abonnement, cliquez sur le lien de confirmation dans votre boîte de réception. S'il n'arrive pas dans les 3 minutes, consultez votre dossier spam.

D'accord, merci

Discours du 7 août 2024 : Tidjane Thiam revient sur l’IDH

Tidjane Thiam profile image
by Tidjane Thiam
Tidjane Thiam élevé à la dignité de Grand Maître et de Grand Croix de l'ordre du Bélier le 14 juin 2024
Tidjane Thiam élevé à la dignité de Grand Maître et de Grand Croix de l’ordre du Bélier le 14 juin 2024 © Crédit photo Sercom PDCI

Le Président Tidjane Thiam est revenu dans son discours du 7 août 2024 lors de la fête d'indépendance de la Côte d'Ivoire sur l'IDH.

« Je vais utiliser une fois de plus une mesure internationalement reconnue du développement : l'IDH, ou Indice de Développement Humain.

Les experts en développement ont toujours souhaité disposer d'une mesure permettant de comparer les nations de la manière la plus objective possible, tant entre elles que dans le temps.

L'IDH mesure, en simplifiant :

– L'espérance de vie : combien d'années les citoyens d'un pays peuvent espérer vivre à la naissance.

– L'éducation : combien d'années les enfants passent à l'école.

– Le niveau de vie : si les citoyens d'un pays peuvent se nourrir, se loger, se déplacer, etc.

L'IDH combine donc la durée de vie, l'éducation et le niveau de vie. Ces mesures sont effectuées chaque année pour tous les pays, à partir de données fournies par les gouvernements de chaque pays.

Tout comme le mètre ou le kilogramme ont été adoptés comme unités de mesure par les scientifiques du monde entier, personne ne conteste sérieusement la valeur et la pertinence de cet indicateur.

Penchons-nous ensemble sur l'histoire que nous raconte l'IDH de la Côte d'Ivoire, au-delà de la polémique politicienne.

Lorsque le Président Houphouët-Boigny, paix à son âme, nous quittait en décembre 1993, l'IDH de la Côte d'Ivoire était de 118, soit une position honorable au classement mondial du développement humain pour une jeune nation. À la fin de l'année 1999, lorsque le a quitté le pouvoir, nous étions classés 125e.

Beaucoup d'entre vous sont trop jeunes pour avoir vécu à une époque où la Côte d'Ivoire occupait un tel rang. Vous pourriez éprouver de l'impatience à entendre ceux d'entre nous qui sont plus âgés parler avec nostalgie de ces années, et je le comprends.

La rédaction vous conseille

Nous essayons en fait de vous transmettre deux choses importantes. La première est qu'il est possible pour un pays d'Afrique de l'Ouest, grâce au travail et à l'ambition, de maintenir son rang parmi les nations. Tous les Ivoiriens se sentaient fiers des progrès accomplis par leur pays parmi les nations africaines.

La deuxième chose est que c'est la paix qui a régné en Côte d'Ivoire pendant les décennies qui ont suivi notre indépendance. La paix nous a permis d'effectuer de tels progrès dans les domaines essentiels tels que la santé et l'éducation, contrairement aux pays qui ont cédé à la violence.

Mais que s'est-il passé ensuite depuis 1999 ? À la fin de l'année 2000, en seulement 12 mois, notre pays est passé de la 125e place à la 141e place, une chute de 16 positions, la plus importante jamais enregistrée par notre pays en une seule année.

Cela marque le premier grand décrochage dont nous ne nous sommes jamais remis. Après les conflits et la violence qui ont meurtri notre pays pendant la décennie 2000-2010, nous étions classés 167e en 2010. Malgré tous les efforts déployés depuis, nous étions encore 166e en 2015, puis 159e en 2022.

Je ne mentionnerai pas notre classement en 2023 en raison de la polémique qui s'est développée depuis mon discours de Soubré il y a quelques semaines. Ce sujet est trop important pour être utilisé à des fins politiciennes.

Ce dont je parle se déroule sur des décennies et est trop sérieux pour être réduit à des débats stériles. Il s'agit de la vie de chacun d'entre nous, et c'est un sujet trop important pour être utilisé à des fins politiques.

Le message d'Houphouët-Boigny prend toute sa valeur lorsque nous suivons l'évolution de l'IDH dans notre pays au fil des ans. Ces chiffres nous disent clairement que la violence et le conflit ne sont jamais la solution pour un pays. Lorsque un pays sombre dans la violence, les premières victimes sont les plus faibles, les plus démunis et les plus pauvres. C'est cette triste réalité que l'IDH capture.

Quand on est jeune et démuni, la violence peut sembler une solution tentante, l'arme permettant d'acquérir rapidement tous ces biens désirés. Mais ce n'est pas vrai. Ce que la violence apporte, c'est une régression sur tous les plans. Les dégâts qu'elle cause nécessitent des dizaines d'années pour être réparés. Voilà ce que nous dit l'IDH pour notre pays. C'est pour cela qu'Houphouët-Boigny a voulu nous inculquer l'amour de la paix. C'est pour cela que je parle constamment d'apaisement, de tolérance et de paix dans chacune de mes interventions. C'est cela le vrai message de l'houphouëtisme : la paix, l'amour de la paix.

Alors que nous nous rapprochons de 2025, je crains que des leaders sans scrupules n'essaient de nous entraîner de nouveau dans la voie du conflit, de la violence et de la division. Si je me suis porté candidat à la présidence du Parti D'Houphouët-Boigny, dont les militants m'ont fait l'immense honneur de m'élire, c'est pour barrer le chemin à ceux qui n'auraient rien appris du passé récent de notre pays.

Les Ivoiriens sont fatigués de la violence, des injures et des outrances verbales. Ils veulent vivre dans une Côte d'Ivoire apaisée et réconciliée. Je m'efforce au PDCI-RDA de susciter des débats sur des sujets déterminants pour l'avenir de notre pays. C'est le sens du combat que je mène aujourd'hui. »

Les derniers articles sur YECLO

Tidjane Thiam profile image
par Tidjane Thiam

Abonnez vous à notre newsletter

Pour mieux comprendre l'actualité en Côte d'Ivoire

Succès ! Vérifiez maintenant votre email

To complete Subscribe, click the confirmation link in your inbox. If it doesn’t arrive within 3 minutes, check your spam folder.

D'accord, merci

Lire plus