Gnamien Yao au RHDP: « au PDCI, on n’insulte pas, on ne contraint pas, on convainc et vous le savez bien »

Dr , Grand conférencier du fait un point sur les propos d’ en, parlant de repris par le RHDP.

Ci-dessous l’intégralité de sa déclaration

Dans la construction de la marche d’un pays comme la Côte d’Ivoire, ce qui est requis pour chacun de ses fils et filles, journaliste y compris, c’est la constante élévation de la conscience politique qui permet de savoir de quoi on parle.

A ma connaissance, le Président Henri Konan Bédié n’a jamais dit qu’il était Félix Houphouët-Boigny. Voici exactement ce que le Président Henri Konan Bédié dit, parlant du Père de la nation : « il faut faire de son mieux. Le problème n’est pas de chercher à être Houphouët-Boigny. Il faut être soi-même et faire ce qu’on peut, avec le soutien des Ivoiriens. On ne peut pas réinventer Houphouët-Boigny. Dieu seul, nous croyons, permettra à la Côte d’Ivoire de trouver des hommes pour conduire son destin à travers les problèmes du temps. »

Pour celui qui a dit que la politique était la saine appréciation des réalités du moment, bonne ou mauvaise, je veux citer le Président Félix Houphouët-Boigny, « un des tout derniers géants de la politique internationale », le Président Henri Konan Bédié est bel et bien de la lignée des hommes politiques dignes de respect dans la mesure où lui au moins sait que tout homme politique doit compter avec l’évolution.

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Si le Président Félix Houphouët-Boigny reste notre origine commune, il demeure la source d’inspiration dans notre volonté commune d’aborder les problèmes de notre temps en toute lucidité, et en étant convaincu qu’aucun d’entre nous ne sera Houphouët-Boigny.

Les raisons de cette affirmation sont multiples. Je ne saurais les égrener toutes. Je retiens tout simplement que l’enjeu aujourd’hui est d’améliorer notre pratique démocratique qui commande que la démocratie soit du domaine exclusif du débat d’idée.

Dès lors, il est juste de dire qu’au XXIe siècle, avec toutes les mutations expérimentées par la communauté ivoirienne au plan interne comme au plan externe, l’équation de l’avenir de notre pays ne sera résolue que par le renforcement de l’attachement du peuple de Côte d’Ivoire à l’Etat de droit.

Parce qu’en politique, ce qui compte c’est le résultat, il faut se donner le temps d’écouter l’autre, au lieu de vouloir entendre ce que vous souhaitez entendre. Franchement, par ces temps de prolifération de réseaux sociaux et autres canaux de communication de toutes sortes, accessibles à tous sans exclusive, a-t-on besoin de tant de vacarmes pour savoir si une position défendue par tout citoyen, fut-il leader politique, est tenable ou pas ?

Si nous voulons conduire le peuple de Côte d’Ivoire dans la démocratie multipartisane, il faut accepter que chacun s’exprime et que la réplique lui soit donnée par le reste de la communauté sans passion et surtout avec force d’arguments.

Quoi que vous fassiez ou que vous disiez, sachez « que le Pdci-Rda représente aujourd’hui, la force politique la plus large, la mieux implantée au sein de la population. »

De nombreux indicateurs montrent que le Pdci-Rda demeure un Parti politique qui a su conquérir et qui conquiert toujours la confiance des Ivoiriens, depuis le temps de la lutte émancipatrice jusqu’aux dernières élections locales de Port-Bouët, Grand-Bassam, Cocody, Plateau et j’en passe, élections que les observateurs non avertis de l’histoire politique de notre pays croyaient perdues d’avance pour le Pdci-Rda. De telles performances sont à mettre au crédit du leadership du Président Henri Konan Bédié. L’héritage ne vaut que par celui à qui il est légué !!!

« Il n’y a qu’à ce prix que la démocratie cessera d’être un problème de personne dans notre pays »

Dans ces conditions, quiconque en est le premier responsable, et de surcroît démocratiquement élu, comme c’est le cas du Président Henri Konan Bédié, n’a nullement besoin d’être Houphouët-Boigny pour comprendre que sa responsabilité constitutionnelle [celle du Président Henri Konan Bédié] est de jeter de temps à autre un regard sur les problèmes clivants afin que du débat jaillissent la vérité. Il n’y a qu’à ce prix que la démocratie cessera d’être un problème de personne dans notre pays.


Le Président Henri Konan Bédié, parce qu’il est le Président du Pdci-Rda, Parti de dialogue, de Paix et de tolérance, parce qu’il jouit en conséquence d’une légitimité à la fois historique et actuelle, le Président du Pdci-Rda, est presque, toute modestie mise à part, la première des voix autorisées en Côte d’Ivoire, pour attirer notre attention collective et individuelle  sur la nécessité de débattre de tous les sujets sans tabou, ni interdit car, dialoguer c’est discuter pour conclure ensemble.

Il appartient tout simplement au reste de la communauté nationale d’user de la même procédure pour lui apporter les éléments de réponse nécessaires afin que l’opinion lui dise s’il est dans le vrai ou s’il est dans le faux. C’est si simple que ça !

S’agissant des alliances politiques du Pdci-Rda sous Bédié, je dirai tout simplement que tous ceux qui connaissent le Président Félix Houphouët-Boigny savent qu’il est celui qui a le plus compris que la politique est un jeu d’alliance. Il est celui qui a fait le plus d’alliances possibles, car dit-il, « en politique, on ne juge qu’à l’arrivée. En politique, le chemin tortueux n’a jamais déformé le bassin. »

A ce titre, le Président Félix Houphouët-Boigny avait à la fois des liens avec l’Anc de Nelson Mandela et le pouvoir blanc ségrégationniste d’Afrique du Sud. Il avait des amis Arabes, Palestiniens et Israéliens en même temps. 

Ce qu’il n’a jamais fait, c’est d’être dans une alliance qui aliène ses convictions et sa dignité. Il l’a fait au niveau national (formation du Gouvernement de 1959), il l’a fait au plan international en créant le Rda et en assumant ses choix. (référendum de septembre 1958).

Pourquoi estimez-vous alors, qu’il soit nécessaire au Président Henri Konan Bédié de demander la permission au Président Félix Houphouët-Boigny, avant de prendre part au débat de son temps ? Lui, ce grand acteur du présent de la société ivoirienne ?

Avant de nouer des alliances avec tout parti politique ivoirien qui partage ses visions du moment et de changer quand les intérêts de son Parti sont menacés, est-il besoin d’être Félix Houphouët-Boigny pour agir ainsi ?

Dites-moi quel est le leader de Parti qui n’en fait pas autant ? En quoi agir ainsi est-il synonyme de profanation de la mémoire du Président Félix Houphouët-Boigny ? Nouer des relations avec le Fpi est-il une première dans notre pays de la part d’un ou des enfants d’Houphouët-Boigny ?

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Quand en 1995, le Président Henri Konan Bédié, dans son immense volonté de diriger la Côte d’Ivoire dans le droit fil du Président Félix Houphouët-Boigny a souhaité que le droit de vote soit reconnu aux non-nationaux, ceux-là qui ne connaissaient de pays au monde que la Côte d’Ivoire dans lequel ils vivaient depuis leur naissance, je ne pense pas que ce soit lui qui ait fait échec à ce beau projet, pourtant houphouétien. On l’a même taxé de vouloir se constituer un bétail électoral !

Je pense qu’au lieu de condamner le Président Henri Konan Bédié pour ses propos, rien que des propos posant des problèmes de société connus à travers le monde, le mieux serait que la parole lui soit donnée dans vos colonnes afin qu’il explicite ce qui ne vous paraît pas encore constructif et que vos nombreux lecteurs le jugent à travers les différentes déclinaisons de ses pensées. En bon démocrate, le Président Henri Konan Bédié n’engagera aucune guerre sainte contre tous ceux qui trouveraient à redire sur son opinion relativement aux problèmes à résoudre !

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Ma modeste contribution a pour but, après avoir lu vos vérités, dans la parution du quotidien Fraternité matin en date du Samedi 5 juin 2019, page 6, de vous dire que vous avez exagéré dans les analyses et interprétations que vous faites des propos du Président Henri Konan Bédié. Je voudrais également vous dire qu’aucun d’entre nous ne sera Félix Houphouët-Boigny et que jamais le Président Henri Konan Bédié n’a dit qu’il était le Président Félix Houphouët-Boigny. Jamais, alors-là, jamais !

A chaque temps, ses combattants. A chaque temps ses sujets de débat. De grâce, acceptez d’aller interroger le Président du Pdci-Rda pour mieux vous instruire de sa pensée. Et le journalisme professionnel en Côte d’Ivoire s’en porterait mieux, au nom de l’équilibre de l’information et de la liberté d’opinion !

« C’est faire preuve d’humilité et de professionnalisme, parce que Bédié n’a jamais dit qu’il était Houphouët. Bédié croît en Houphouët-Boigny et il le vénère, c’est tout »


Le faire, c’est faire preuve d’humilité et de professionnalisme, parce que Bédié n’a jamais dit qu’il était Houphouët. Bédié croît en Houphouët-Boigny et il le vénère, c’est tout ! Au besoin, je me tiens à votre disposition pour débattre de la question avec n’importe lequel des contradicteurs qu’il vous plaira d’inviter et ce dans les locaux de Fraternité Matin. La démocratie, c’est le débat d’idée. Et le débat d’idée, c’est la démocratie.

Acceptons tous d’aller courageusement au débat, et sachons que tant que nous serons sur la terre des hommes, il y aura des problèmes à régler, des sujets clivants.

Ce qu’il nous faut, c’est de les aborder dans le respect de la dignité humaine, dans la tolérance, dans l’amour de l’autre en étant convaincu qu’il n’existe pas de vérité absolue et que par conséquent, pour avoir opté pour la démocratie pluraliste, la Côte d’Ivoire doit rejeter toute propension à vouloir imposer à autrui sa vérité.

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Pardon, mon frère Aboua, rangez vos sentences et encouragez le fait que toutes les idées soient agitées, je dis bien idées, et réjouissez-vous que des terres nouvelles soient défrichées afin de faire naître en nous tous, en nos enfants et petits-enfants la culture du débat d’idée et du droit à la différence. La finalité étant que nous parvenions à faire de la démocratie un jeu à somme positive au lieu d’être un jeu à somme nulle.

Nous devons décourager tous ceux qui pensent qu’en démocratie, celui qui ne pense pas comme eux est contre eux.

Sachez enfin qu’au Pdci-Rda, on n’insulte pas, on ne contraint pas, on convainc et vous le savez bien. C’est d’ailleurs sa marque de fabrique. Il faut s’y habituer et la démocratie s’en portera mieux dans notre pays.

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