Plainte d’un journaliste: Le procureur Adou se déclare incompétent, 2 mois après l’affaire « un député gifle une policière »

L'image de l'arrestation de Daouda Coulibaly a fait rapidement le tour du Web
Copie de la plainte déposée le vendredi 23 mars 2018

Plainte d’un journaliste: le procureur Richard Adou se déclare incompétent, deux mois après l’affaire « un député gifle une policière ». Une compétence à géométrie variable qui inquiète les promoteurs des droits de l’homme en Côte d’Ivoire et le milieu de la presse.

Le procureur Richard Adou recevant des administrateurs de forums facebook, le mardi 27 mars 2018, à Abidjan a annoncé avoir bel et bien reçu une plainte du journaliste-blogueur Daouda Coulibaly, mais s’est déclaré incompétent pour connaître du dossier.

Le 22 mars, en marge du sit-in de l’opposition devant le siège de la Commission électorale indépendante (CEI), pour exiger la réforme de cette institution et le départ de Youssouf Bakayoko qui la préside de façon illégale depuis plus de deux ans, Daouda Coulibaly avait été brutalement interpellé par sept policiers et traîné sur plusieurs mètres. L’image avait fait le tour du Web. Dès sa libération par les policiers, qui l’avaient conduit au 12eme arrondissement de police de Cocody-Vallon, il avait voulu porté plainte contre ses agresseurs. Le commissariat a refusé de recevoir sa plainte, l’enjoignant de s’adresser au procureur Adou. Ce qu’il fit, dans les heures qui suivirent.

« C’est cette façon d’appliquer le droit, les jours pairs, différente les jours impairs qUI effrite la confiance du justiciable dans le système judiciaire » (ASK)

En se déclarant incompétent, Richard Adou applique de toute évidence, une justice à double vitesse et une compétence à géométrie variable. Fin janvier, dans l’affaire « un député gifle une policière », c’est le procureur de la République lui-même qui est monté au créneau, pour justifier la garde à vue et l’inculpation du député Yah Touré, puis sa relaxe. Dans cette affaire, il s’agissait bien d’un civil fusse-t-il député et un agent de police.

Incompétence du procureur militaire ?

Dans l’affaire « Un journaliste porte plainte contre la police », il s’agit bel et bien d’un civil et d’agents de police. « C’est cette façon d’appliquer le droit, les jours pairs, différente les jours impairs qui, globalement, effrite la confiance du justiciable dans le système judiciaire », a commenté le journaliste-écrivain et lanceur d’alertes André Silver Konan.

Pour l’heure, le journaliste a annoncé avoir porté sa plainte devant le procureur militaire Ange Kessy Kouamé et les promoteurs des droits de l’homme espèrent que lui aussi ne se déclarera pas incompétent. Ainsi tourne la Côte d’Ivoire à…double vitesse !

Elvire Ahonon

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