Présidentielle 2025 : Affi appelle Ouattara à renoncer au 4e mandat, « il faut savoir sortir »
Le président du FPI, Affi N'Guessan s'est exprimé le 8 novembre 2024 lors du Congrès du parti à Yamoussoukro sur le 4e mandat de Ouattara.
Dans un discours de plus de deux heures à Yamoussoukro, le président du FPI analyse la situation socio-politique du pays et demande au président Ouattara de ne pas briguer un quatrième mandat.
Le congrès du Front populaire ivoirien (FPI) à Yamoussoukro marque un tournant dans la vie politique ivoirienne. Pascal Affi N'Guessan, le président du parti, a livré un discours sans concession sur l'état de la nation. « Si nous sommes encore là, présents sur la scène politique, nous devons reconnaître que cela est lié à notre résilience, à notre capacité de résistance », a-t-il déclaré devant les militants.
Dans son intervention, le président du FPI a dressé un bilan critique des quinze années de gouvernance du RHDP. Il pointe notamment la gestion des ressources publiques et la situation sociale. « A quoi donc ont servi ces dizaines de milliards que l'on a empruntés pour le développement de la Côte d'Ivoire ? », s'est-il interrogé, avant d'ajouter que « l'espérance de vie mesure l'amélioration des conditions de vie des gens. Chez nous, ce chiffre montre que nos conditions de vie se sont dégradées ».
La question sociale au cœur des préoccupations
Le leader du FPI a particulièrement insisté sur la situation des populations défavorisées. « Le déguerpissement sauvage. Les pauvres qu'on chasse sans ménagement de leurs habitats précaires comme des espèces nuisibles et indésirables », a-t-il dénoncé. Il a également évoqué la situation des enseignants et des planteurs : « Nous devons être aux côtés des planteurs qui travaillent comme des ouvriers pour l'État, à qui on donne 1.000 francs alors que le cacao est payé à 4.000 ou même 5.000 francs sur le marché international ».
L'appel à renoncer au quatrième mandat
Dans la dernière partie de son discours, Pascal Affi N'Guessan a lancé un appel solennel au président Alassane Ouattara concernant l'élection présidentielle de 2025. « Je voudrais vraiment, à l'occasion de ce congrès, dire solennellement à M. Ouattara de ne pas écouter cela. S'il avait l'intention, il faut qu'il renonce », a-t-il déclaré. Il a rappelé que « si en 2020, le troisième mandat était illégal, comment en 2025, le quatrième mandat va être légal ? »
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Le président du FPI a également mis en garde contre les risques d'une nouvelle crise politique. « Il faut qu'il renonce pour ne pas plonger notre pays dans une autre crise », a-t-il averti. Il a ensuite analysé les motivations de ceux qui appellent à un quatrième mandat, les classant en trois catégories : « les hypocrites », « les suivistes » et ceux qui « vivent de façon parasite de cette relation personnelle et privilégiée avec Ouattara ».
Pour conclure son intervention, Affi N'Guessan a utilisé une métaphore théâtrale : « La politique c'est comme une pièce de théâtre. Ce n'est pas la manière d'entrer là qui est importante mais ce n'est pas fondamental. C'est la sortie. Comment tu finis ta prestation ? Comment tu finis ? Et qu'est-ce que les gens disent ? Est-ce que c'est sous les huées, les sifflets ou les applaudissements ? »
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