Sakassou : La reine des Baoulé contrainte de céder le trône à son fils

Sa majesté Akoua Boni II, Reine des Baoulé
Sa majesté Akoua Boni II, Reine des Baoulé assurait la régence jusque-là.

La reine des Baoulé destituée. Sa Majesté Nanan Akoua Boni II, reine des Baoulé était visée par une procédure depuis un an qui a abouti à une cérémonie d’abdication le jeudi 28 mars 2019, à 5h30, dans le secret de la cour royale. Elle est remplacée par son fils dont le nom de règne sera révélé dans les prochains jours, à l’occasion d’une cérémonie dans la pure tradition baoulé.

Le règne de Nanan Monique N’Ga Tanou, intronisée Sa Majesté Nanan Akoua Boni II, troisième reine des Baoulé, après la reine fondatrice du royaume baoulé Abla Pkou et Akoua Boni, celle qui a régné après elle, n’aura duré que deux ans. Un an après son son intronisation le 31 août 2017, elle est entrée en rébellion avec certaines coutumes du Oualèbo (village fondateur du royaume et siège de la chaise royale) et depuis un an, elle était sur le coup d’une procédure.

« La cérémonie du jeudi est l’aboutissement d’une longue procédure pour trouver un successeur à une reine qui n’a jamais été dans son rôle », commente un acteur de l’abdication. Tout s’est précipité le dimanche 24 mars 2019, trois jours après le retour de la reine, à la cour royale qu’elle avait déserté quelques jours plus tôt.

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Ce jour-là, elle accepte de céder le trône à son fils, pour lequel plusieurs tractations de la notabilité régnante a été faite entre les deux familles paternelles de la reine sortante et du prince héritier, désormais roi entrant. Quinze jours plus tôt, c’est Sa Majesté Akoua Boni II, sous forte pression, qui a délégué elle-même ses parents paternels pour que son fils vienne « s’asseoir sur son pied », geste symbolique signifiant la transmission du pouvoir du vivant d’un roi.

La cérémonie de transmission du pouvoir devrait se faire le lundi 18 mars, mais contre toute attente, la reine a quitté le royaume, trois jours plus tôt et la cérémonie a été reportée au jeudi 28 mars, après le retour de la reine, avec l’accord de cette dernière.

« Le jeudi 28 mars, à 5h30 du matin commencent les cérémonies traditionnelles privées réservées aux seuls initiés. A 14h30, un repas est offert avec de la viande du sacrifice. La part de la désormais ex-reine lui est remise. Et preuve qu’elle adhère à l’abdication, c’est elle-même qui prête ses couverts », raconte un notable.

Seulement voilà, vingt minutes après la fin de la cérémonie traditionnelle, la gendarmerie a investi les encablures de la cour royale. Le politique cherchant à se mêler d’une affaire strictement traditionnelle et coutumière. « L’on nous a appris que le préfet avait reçu des instructions de sa hiérarchie, pour s’opposer à une quelconque abdication de la reine qui serait le choix du Président. C’est se méprendre sur nos us et coutumes, l’abdication n’est pas une affaire politique. La reine a accepté de partir, suite à une succession de faits que nous ne décrirons pas ici, l’activisme du politique ne saurait avoir une incidence sur la procédure qui est terminée. Le nom de règne du nouveau roi sera connu lundi, selon une procédure dans la pure tradition du royaume », commente notre source.

Elvire Ahonon

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