Simone Gbagbo : « J’ai vu comment de vieilles femmes ont été bombardées à Abobo »

Simone Gbagbo reconnaît le bombardement des femmes d'Abobo
Simone Gbagbo reconnaît le bombardement des femmes d'Abobo

L’ex-première dame Simone Ehivet Gbagbo recevant la fédération FPI d’Abobo Anyama, hier lundi 27 août 2018 a dit qu’elle a vu comment les femmes d’abobo ont été bombardées avant leur arrestation. Elle a reconnu qu’Abobo est la commune qui a le plus souffert. Elle compte s’y rendre dans les jours suivants.

« Je pense qu’Abobo est la commune qui a le plus souffert dans la crise » dit-elle d’entrée de jeu. Et de poursuivre, « avant qu’on ne soit arrêté, j’ai vu comment les vieilles femmes qui en peuvent pas marcher ont été bombardés, incendiées avec des morts. J’ai vu tout ça avant qu’on ne soit à notre tour bombardes et arrêtés ». Simone Ehivet Gbagbo confie qu’elle fera une tournée, « j’arriverai moi-même à Abobo et je passerai dans tous les quartiers. J’irai à Anonkoua Kouté pour saluer les populations ».

« j’arriverai moi-même à Abobo et je passerai dans tous les quartiers. J’irai à Anonkoua Kouté pour saluer les populations ».

« Que Dieu essuie vos larmes », dit-elle. Elle en a profité pour solliciter l’aide de son auditoire « chers chefs, il y a du travail à faire devant. Appuyer nous car il y a la population à réconcilier. Aidez-nous à le faire. Je parle de réconcilier véritablement les populations ». Et de confier, « On s’assoit, on parle, on se dit les vérités qu’on a à se dire. On se serre les mains et on dit, plus jamais ça.

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Donc on compte sur vous ». « Je suis heureuse que nos camarades du nord qui étaient avec nous avant la crise, soient restés pendant la crise avec nous. Vous aussi, on a besoin de vous. Pendant le deuxième procès en assises, il y a un bon nombre qui m’avait donné son accord pour témoigner en ma faveur. Quand les gens ont vu ça, ils se sont dit qu’il vaut mieux arrêter le procès ici hein ! Et puis ils ont dit d’ailleurs même que mes témoins ne passeront plus. Et donc aucun de mes témoins n’est pas passé à la barre », affirme l’ex première dame.

« chers chefs, il y a du travail à faire devant. Appuyer nous car il y a la population à réconcilier. Aidez-nous à le faire. Je parle de réconcilier véritablement les populations ».

A l’en croire, c’est par la grâce de Dieu que les juges et les jurés ont décidé de l’acquitter, « je remercie nos frères du nord. Qu’ils attachent bien leurs ceintures parce qu’on doit faire la réconciliation entre les peuples du centre, du nord, de l’ouest et du sud ». « Le travail n’est pas encore achevé tant que le Woody (NDLR Laurent Gbagbo) n’est pas encore libéré. Mais ce travail, on ne le fait pas dans la tristesse, le doute, la peur. On le fait dans la victoire. Il faut que tout le monde rentre » s’est-elle empressée de dire. En rappel, Simone Ehivet Gbagbo avait été cité dans le massacre des femmes dans le quartier d’Abobo à Abidjan, le 3 mars 2011, au cours de laquelle au moins sept femmes ont trouvé la mort à la suite d’une marche.

La tuerie des femmes d’Abobo fût un événement crucial de l’histoire ivoirienne puisqu’il conduira au vote, le 30 mars 2011, de la résolution 1975 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. C’est sous le prétexte de cette résolution, qui autorisait la France et l’ONU à détruire les armes lourdes de l’armée ivoirienne afin de protéger les populations civiles, que ces forces ont mené une guerre en Côte d’Ivoire en violation de la charte des Nations Unies. « Gbagbo, dégage ! », « On ne veut pas de Gbagbo », « Alassane Ouattara président », scandaient-elles lorsqu’ont débarqué les Forces de défense et de sécurité (FDS, fidèles à Laurent Gbagbo).

Deux semaines plus tard c’est-à-dire, le 17 mars 2011, le marché d’Abobo a été bombardé au mortier et avait entraîné la mort d’au moins 25 civils et fait une quarantaine de blessés. Selon des enquêteurs des Nations unies, sur le terrain au moment des faits, six tirs auraient été initiés « à partir d’un camp militaire des forces loyales à Laurent Gbagbo ».

Karina Fofana

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