Tract attribué aux 8400 : Comment des nostalgiques veulent ressusciter des sentiments qui ont fait le succès du RDR

Une déclaration pompeusement signée de « , Sergent-Chef » a été publiée ce lundi 21 janvier 2019. A sa lecture, il n’échappe à personne qu’il s’agit d’un tract visant à réveiller de vieux démons et susciter chez certains nostalgiques, les vrais ou faux sentiments qui ont fait le succès du RDR, dans certains milieux. Une hypothèse d’autant vraie que la hiérarchie militaire et le procureur militaire ne se sont pas plaints d’une telle sortie, quand il est interdit que des soldats se répandent dans la presse. Il n’échappe à personne que la dictée a été faite pour diaboliser Guillaume Soro et Henri Konan Bédié qui se sont rapprochés au détriment d’Alassane Ouattara. Ci-dessous, ladite déclaration.

Depuis plusieurs mois, la situation socio-politique n’a de cesse de se détériorer remettant même en cause tout ce pour quoi nous nous sommes engagés à partir de 2002 dans la rébellion. C’est pourquoi, nous les ‘‘8400’’ avons décidé de nous exprimer et rappeler les circonstances de notre action et mettre en garde contre un retour en arrière.

A partir de 1994, la Côte d’Ivoire est gouvernée par le Président Henri Bédié. Une gouvernance particulièrement ardue pour une partie des populations ivoiriennes. M. Bédié a en effet choisi de faire une guerre sans relâche à tout ce qui, notamment les ressortissants du Nord, avait un supposé lien avec , le dernier premier ministre du Président . En quelques mois, ce n’est pas moins de 500 cadres du Nord qui sont mis sur la touche tandis que plusieurs autres sont contraints à un ralliement au régime de Bédié. Le délit de patronyme et de faciès était total. Sur les routes de Côte d’Ivoire, les transports en commun, l’administration publique et privée et même dans les lieux de cultes la persécution des « gens venus d’ailleurs », selon l’expression du régime Bédié, avait atteint son paroxysme. C’était les heures sombres de « l’Ivoirité », mot pensé et théorisé par les idéologues du régime Bédié. Souvenons-nous du film « Côte d’Ivoire, poudrière identitaire » de Benoît SCHEUER. Dans ce contexte, l’exaspération de la majorité des ivoiriens était à son comble.

« Un mauvais civil vaut mieux qu’un bon soldat »

Le ‘‘Général de Noel’’, Robert Guéi, n’a donc eu aucun mal à renverser en décembre 1999 le Président Bédié et sa clique de malfaisants. Ce fut une vraie bouffée d’oxygène. Mais malheureusement de très courte durée. Très vite, sous l’influence de , le Général a embouché les mêmes thèses et endossé les mêmes pratiques. Une purge dans l’armée a vu le jour. Plusieurs soldats, Diomandé Souleymane dit la ‘‘Grenade’’, etc. sont assassinés. Les plus chanceux comme , Cherif Ousmane sont emprisonnés et torturés. Nous avons néanmoins cru en Laurent Gbagbo, l’opposant historique. « Un mauvais civil vaut mieux qu’un bon soldat », se consolait-on.

Nous nous sommes trompés. Méthodique et cynique, il fera pire que les autres. Il a donné le ton avec le charnier de Yopougon. Ce n’était plus supportable. Nous avons dû prendre nos responsabilités en nous engageant avec le sergent-chef dès 2002 dans la rébellion. Un soulèvement pour l’honneur, pour la dignité, pour le vivre ensemble et pour la restauration de la démocratie dans notre pays.

Vraisemblablement le régime de Laurent Gbagbo n’attendait que ce prétexte pour mettre en oeuvre son plan de toujours. Sa tyrannie reste sans nom. Viols, enlèvements, tortures, assassinats etc. furent les règles de sa gouvernance. Souvenons-vous des fameux escadrons de la mort et encore de « l’article 125 ». C’est au bout de ce chemin de croix qu’Alassane Ouattara est arrivé au pouvoir.

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Avec maestria, dans un contexte difficile, il a mis le pays sur les bons rails. Au-delà des infrastructures, tous les secteurs, public comme privé, en ressentent les retombées. Avec , sa famille politique et sa famille biologique, il a été plus que généreux.
Avec le Front populaire Ivoirien, alors que certains le poussaient à autre chose, il a été indulgent et magnanime pour laisser une chance à la réconciliation.

« Hier comme aujourd’hui et demain Alassane Ouattara est pour nous « Intouchable »

Nous, les ‘‘8400’’ particulièrement n’avons pas à nous plaindre. Nous avons réclamé beaucoup de choses, avec des méthodes peu recommandables, il a accédé quasiment à tout. Souvenons-nous des 12 millions des FCFA par élément et des avancements en grade. Mieux, a été Premier ministre, ministre de la Défense et aujourd’hui Président de l’Assemblée Nationale. Il nous faut manifester notre gratitude au Président Alassane Ouattara. Il a fait mieux que nous l’espérions. Hier comme aujourd’hui et demain Alassane Ouattara est pour nous « Intouchable ». Comme on le dit plus simplement il est « notre fétiche ».

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C’est pourquoi, les discours et attitudes de Guillaume Soro nous abasourdissent. Monsieur Soro réclame au Président Ouattara reconnaissance à sa personne en le désignant notamment successeur officiel. Et pour ce faire, il entend même faire pression sur lui. Ces dernières semaines, les manipulations aux seins des ‘’ 8400’’ ont repris de plus de bel. Les désinformations à travers des sms et des groupes wathsup ne s’arrêtent plus. Nous voulons donc très clairement dire à M. Soro qu’il faut que cela s’arrête. Nous ne nous laisserons plus jamais manipuler pour distraire le Président Alassane Ouattara de son travail. Il ne nous doit rien. Il a fait sa part à l’égard de nous 8400.

En revanche, vous, Guillaume Soro vous nous devez. Et énormément ! Vous avez gouverné le Nord pendant dix ans. Vous y avez levé impôts et taxes (sur le café-cacao, le coton, l’anacarde, le bois, l’or et diamant, l’hydrocarbure etc.) pendant dix ans, sans compter la casse de la BCEAO. Tous les bois de tecks ont disparu de nos contrées. Sans quasiment aucune rémunération pour nous les soldats. Tout cela, sans jamais construire une seule pompe villageoise pour le plus petit hameau du Nord. Nous n’avons pas oublié les entrées de la Centrale. C’est pourquoi, très bientôt nous allons vous réclamer notre part.

Pour les ‘ ‘8400’’

Adama Coulibaly, Sergent-Chef

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