Le prix du litre de super sans plomb est passé de 820 à 905 francs CFA en Côte d'Ivoire, soit une hausse cumulée de 85 francs CFA sur quelques mois. Celui du gazole a suivi la même trajectoire, de 655 à 725 francs CFA, un surcoût de 70 francs CFA par litre pour les transporteurs et les usagers de gbaka.
Cette révision tarifaire, entrée en vigueur le samedi 1er août 2026, intervient alors qu'un organe de presse proche du pouvoir titrait le même jour sur un affichage de prix plafonnés destiné, selon lui, à protéger le pouvoir d'achat des ménages. Konan Kouadio Siméon, président du mouvement Initiatives Pour La Paix (IPP) et ancien candidat à l'élection présidentielle, qualifie ce contraste de "cynisme froid du pouvoir".

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L'ancien candidat interroge l'utilité des financements mobilisés lors du Groupe consultatif du Programme national de développement (PND) 2026-2030, si l'État ne parvient pas à stabiliser le prix du carburant. Il pointe un déséquilibre entre les grands chantiers d'infrastructures et le pouvoir d'achat quotidien des ménages, et conclut sa déclaration par un appel aux réactions des citoyens.
Le PPA-CI réclame une suspension de la hausse
Le Parti des peuples africains - Côte d'Ivoire (PPA-CI) a également réagi, par la voix du Commissariat général de son Pacte social. Dans une déclaration signée par Tchéidé Jean Gervais, commissaire général, le parti affirme que le pouvoir d'achat "n'est pas un privilège" et réclame la suspension de la hausse, l'ouverture d'un dialogue sur la fixation des prix et un mécanisme de lissage tarifaire.

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Jean Bonin invite à sortir des postures tranchées
Le juriste Jean Bonin, ancien vice-président du Front populaire ivoirien (FPI), apporte une lecture différente. Il rappelle que la Côte d'Ivoire reste un petit producteur de pétrole à l'échelle mondiale, dont l'extraction ne couvre pas les besoins nationaux, et que le prix à la pompe dépend aussi du raffinage, du transport maritime et du taux de change du dollar. Il se dit réservé face à un gel durable des prix, qui reporterait la charge sur le budget de l'État, et appelle à arbitrer entre des contraintes parfois contradictoires plutôt qu'à opposer hausse et blocage des prix.
Les trois interventions dessinent des lignes de fracture distinctes sur la même mesure : une dénonciation frontale de la communication gouvernementale du côté de Konan Kouadio Siméon, une demande de suspension assortie de mesures sociales du côté du PPA-CI, et un plaidoyer pour un débat chiffré du côté de Jean Bonin.

